LE$ COOPÉRATIONS OUVRlÈREf:' (i9 Vl ORÈVES, SOCIÉTÉS DE RÉSISTANCI, Tous les sophismes de l'économie politique orthodoxe n'y feront rien. La grève est le seul moyen de défense du prolétariat ~ur le terrain économique. Aussi nous faudrait-il remonter aux Grecs et aux Romains pour trouver les premières grèves du monde occidental; il parait même que malgré cette abomination de l'antiquité, l'esclavage, les grèves furent assez fréquentes et assez importantes pour que l'on trouve trace de prescriptions coercitives dans les constitutions de deux empereurs de Byzance, Zénon et Justinien. Plus près de nous, et passant sur diverses grèves peu connues des x1•, xn• et x111•siècles (l), nous voyons, en .l31.8, à Florence, une grève des ouvriers de métiers aboutir à une insurrection triomphante. « Cette grève a son meneur, l'ouvrier Simon, auquel Machiavel a prêté un magnifique discours. Les ouvriers s'emparent du pouvoir qu'ils gardent trois ans, et l'un deux, Michel de Laudo, un cardem· de laine, si pauvre qu'il n'avait "pas de chaussures aux pieds, devient le chef de la république (2). » Le x1v• siècle est fécond en grandes grèves. En France, on cite celles des tanneurs, de Troyes, et des tisserands, de Doullens. En Angleterre et en Allemagne, les coalitions furent d'ordre plus géélaboré par Eugène Fournière, à la Société 1·épublicai11ed'économie sociale; l'étude publiée par Élie Peyron, dans la Reoue ~octali~te (1887)et une récente brochure de Louis Bertrand sur les ,\c<'iclents du tracail. Albert Regnard, tout en pensant de même, croit qu'il convient de noter « comme un des palliatifs les plus heureusement imaginés pow· adoucir, dans une certaine me~ure, les maux occasionnés par Je régime d"individualisme aujourd'hui régnant, le systcme des assurances ouerières obligatoires. Ces caisses d'assurances, à la fois locales et nationales, alimentées par lo patron surtout et par l'Etat, devront garantir à l'ouvrier des secours sérieux dans le cas de chômage, d'accident ou de maladie; une retraite pour sa oieilles~e, et en cas de mort, une rente suffisante pour permettre d'élever les enfants et de soutenir la veuve. C'est là une condition presque indispensable pour arriver à rorganisatiou complète de l'assistance obligatoire.• (A. Regnard : De la mortalité dans le&h6pitauœ de Prooince et De la nécessité d'une réforme radicale de l'As- •istance publique, Paris.} (1) La Coutume du Beauooi.~is et le Liore des Métiers, d'ÉTIENNE BOILEAU, font allusion à ces coalitions d'ouvriers et les punissent de la prison et d"une amende. (2) CHARLES RENAUD : Histoire des 9rèoes.
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