La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

68 LA REVUE SOC:JALISTE ces économies ,t tous les emplois sur place (il s'agit déjà de 3 milliards pour la France). Elles pompent ainsi, sur toute la. surface du terriloire, les infiniment petits d'épargne pour les transformer en rentes sur l'État, c'est-à-dire en richesses passi,·es. Par ce procédé, elles stérilisent en quelque sorte tous les hameaux, tous les villages, toutes les petites villes, prenant tous les embryons de capital qui s·y produisent et alla.nt les engloutit· dans la capitale en atténuation de la. dette flottante et du passif 1,:énéral du Trésor. Supposez l'atmosphère pompant toute l'humidité qui se produit dans toutes les localités et ne la restituant jamais sous la forme de pluies fécondantes, vous aurez l'image <lu régime français des caisses <J'éparguc (1). Pour être efficace la prévoyance doit être sociale. Divers États paraissent devoir entrer timidement dans cette voie, et nous avons vu, en ces dernières années, l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, l'Angleterre voter ou discuter des lois, d'ailleurs absolument insuffisantes, s'inspirant du très juste principe de l'assurance générale par l'État. La plus connue de ces tentatives est celle de l'État allemand, connue sous le titre de « Allers und lnvriliclcn- Versicherung der Arbeiler. » (Assurance des ouvriers contre la vieillesse et l'incapacité de travail). Elle s'applique environ à 12 millions d'individus de l'un et de l'autre sexe, tous ouvriers et employés. L'État se réserve d'étendre les obligations et les bénéfices de l'assurance obligatoire aux petits chefs d'industrie indépendante travaillant à domicile. L'objet de l'assurance est de couvrir toutes les causes d'incapacité permanente de travail; quant à la prime, elle doit être payée : un tiers par l'État, un tiers par le patron, un tiers par l'ouvrier. Chaque district d'assurance a son taux uniforme; la prime des femmes est égale aux deux tiers de celle des hommes; la pension de retraite est de 1:20marks pour les hommes, des deux tiers pour les femmes; en cas d'incapacité <le travail et de retraite prématurée, cette pension est augmentcc de 4 marks par année de travail soumis à la retenue. La pension ne pourra dans aucun cas excéder 259 marks (312 francs); elle courra du jour où l'assuré aura contracté son incapacité de travail ou atteint l'âge de 70 ans révolus. Ce n'est pas là une assurance, mais un simple et bien insuffisant secours contre les infirmités et contre la vieillesse (2). Voilà pourtant ce qui a été fait de moins mal juflqu'ici en ce sens, ce qui revient à dire que tout est à créer en fait d'assurance sociale (3). (1) LEROY-BE.,ULJEU : L'État moderne et ses Jonctions. (2) L'assurance de l"Etat allemand contre les accidents est encore plus imparfaite. Dans les « Annalen des deutschen Reiches " de 1887, nous relevons pour l'assurance contre les accidents les chiffres suivants : Participantes : 57 corporations industrielles, comprenant 194,601 établissements industriels; 2,986,248 individus assurés fort incomplètement. (3) Tous les socialistes sont <l'arrord là-dessus. Voir notamment le projet

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