La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA RE\"t;E PIIItOSOPIIIQUE ET LE SO<.:i.\LIS)IE IXTÉXR.\L 7:2:°J 22 millions d'hectares soit presque la moitié du territoire, la moyenne propri6té occupe 15 millions d'hectares, et la petite propriété 11 millions d'hectares seule,nent. De plus, de nombreux indices font penser que la petite propriété disparait dcYant la grande, que le petit propriétaire est peu ù peu transformé en proll>tairc rural. Certains économistes le rcconnai5scnt. Tel ~l. Claudio Jannet qui disait dans le CoiTespondant du 25 janYicr 1891: « Dans beaucoup de « parties de la France, notamment dans Je Sud-Ouest, la baisse « de la Yalcur de la terre s'est encore accentuée, et, cc qui est f plus graYe, la petite propl"lété continue à perâ;•e du tei·,·ain. >> ~c savons-nous pas aussi que la dette hyp~hécairc s'élè,·c à la somme de ,:ing-t milliards? Ne sont-cc pas là des symptùmcs importants? Le mouYement de concentration et de centralisation qui s'est produit dans la propriété industrielle et commerciale, s·étend à la propriété agricole, jusqu·au moment où la terre, clic aussi, deYiendra rntre les mains des seignenrs du capital un simple moyrn d"exploitation du traYail. Et alors la situation sera profondément modifiée. Le paysan asser\"i. misérable, nounira lrs mènws entimcnls à l'égard de ses maitres que !'ou Hier drs Yilles. Et tel qui anrait répugné à la Comassation 011 A toute autre mesure anodine en viendra Yitc à souhaiter l'expropriation radicale des possesseurs du sol, surl,rnt si la propagande révolutionnaire qui n·a encore agité qnc les villes Yient répandre jusqu·au fond des campagnes des espérances contagiruses. Si il cc moment, une rérnlution violente surYenait, le gou vcrnemcntémancipateur n'aurait besoin ni de la contrainte, ni de la violcnéc, pour faire accepter aux nouveaux serfa de la glèbe la réalisation de leurs plus intime,; désirs, c·cst-à-dire la co-propriéll~ des exploitations agricolrs dans lesquelles (comme leurs frères de lïnd.ustric) ils auraient appris la division du trn vai 1. le grou pcmcn t des forces Pt l"organ isation scicn ti fiquc de la .:ullurc. Résisteront-ils quand, outre leur salaire habituel, on leur imposera !"obligation de prendre part au r,art:igc des bénéfices réalisés'? La Rèrnlution sera déjà faite dans les cœurs, avant de passer dans les lois. Elle consistera simplement en une mise en accord de la superstructure législative, administrative, politique, avec l'éYolution économique et 1i!0rale déj,\ accomplie. Les émeutes d"ouvriers agricoles qui ont éclaté en AatricheIlongrie à l'occasion de la fètc socialiste du l•• Mai ne manquent pas de signification, si nous en croyons le journal Le Temps, du 5 ~lai 1891, qui dit:« Lïnsurrcclion a éclaté dans une contrée « oit, pendant la crise agricole· de ces dernières années, les « grandes propriétés seigneuriales se sont agrandies p:tt· l'acqui-

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