, ï:?1 L.1 RE\"CE SOCtALISTE Yoilù qnc•l esl il' malérialismt• de notre ami B. Malon et le notre. Du reste, nous ne repoussons ras absolument cette qualification: Les socialistes parlent souvent d() mangeaille et de boisson et se proclament quelquefois le parti d11 rentre et de l'Eslo/Jloc. Eh I bien oui, nous Youlons d'abord (car c'est le plus urgent) remplir ces estomacs de bonnes nourritures, afin d'éveiller ensuite clans ces cernaux engourdis l'illumination de la pensée et dans ces cœnrs justement haineux les douces t'•molions de l'amour. i\"otre pensée sur cc point est sumsamment <'.•claircieet ne doil pas s'éloigner beaucoup de celle de :\I. Belot, avec lequel, du reste nous sommes encore complètement d'accord en céci « que les producteurs d'en haut et ceux d'en bas ont les mèmcs ennemis». En 1818 déjà, on proclamait la fraternitè des« traYaillcurs de 1a pcn8éc, et des travailleurs manuels. Sous cette forme un peu emphatique qui prète à sourire aux sceptiques, se cache une idée vraie. Cc n'est pas la redingote qui fait le bourgeois. Le chimiste, l'ingénieur, le comptable, sont souvent aussi lrs salariés et les exploilés qui devraient mener campagne commune avec leurs frères inférieurs pour la destruction du parasitisme capitaliste. II.- Autre série d'objections. :\falon constate la diillcnlté considérable qui existe pour faire comprendre aux intéressés les avantages de la Co,nossolion te1·1·ito,·iale. « Comment, objecte- « t-on. ces instincts ataYiques et ces habitudes routinières • laisseraient-ils un champ plus libre a des transformations « radicales quand ils résistent à drs modifications restreintes? « Acceptcra-t-on la nationalisation de la terre quand on répugne « à la Comassation ou à l'association agricole.» Et notre auteur conclut que :\1alon semble espérer en dernière analyse « une révolution violente pour imposer un nouvel état de choses à ceux qui ne savent pas rompre avec le passé.» - Il est vrai que le paysan de nos jours est très routinier. Une révoluiion violente qui essaierait d'imposer un nouYcau modr de l'appropriation dLt sol aurait de très grandes chances d'être mal accueillie par lui. Si noire pensée était d'employer la force pour soumettre les gens ,'t certaines vues systématiques, nous mériterions le reproche qui nous est fait :\lais les tendances routinières et conservatrices des ruraux d'aujourd'hui pourraient bien ne pas être {•ternclles. Si leurs in tfrèts immédiats et tangi bics changeairn t, il est probable que leurs opinions changeraient aussi. L'cnqu(•t<'de 18ïU sur l'Agricult11rc en France, dont les n'.•sultats ont ét(• confirmés par l'enquête du 1883-84, prouve que ,mr 52 millions d'hectares, superficie du sol français, la grande propriété occupe
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