îl6 L.\ HEYi:;I, SOCIALISTE diYCl'SC'S:peudant la restauration, légitirr.istc, il insulte Xapoléon, qui l'enthousiasme; pendant la réaction bourgeoise, il calomnie les insurgés, dont il admire les actes de délicate probité. Gne étrangC' fatalité pesa sur ,ïctor Hugo; toute sa vie, il fut condamné ù dire et à écrire lC'contrairr dll cc qu'il pensait et rcsscn lait. En exil, pour plaire it son entourage, il pérora snr la liberté de la presse, de la parole C'tbien c1·a11trcslibertés encore; cependant il ne détestait rien plus quC'cette liberté, qui permet» aux démagogues forcenés, de semer dans l'âme du peuple des rè\-cs insrnsé~, dC'S th.:•ories perfides. . . et des idées de révolte. » (Evène11ient (lu :1 novembre). LïnsurrC'clion abattue, la Chambre vota le cautionnement qui commandait , silence aux pauvres! » sC'lon l'expression de Lamennais. L'Evhie1J1ent s·empressa, ainsi que les De{)als, le Consti/11lio11net et le Siècle d'approuver cette« mesure si farnrable ù la presse sérieuse ... :.\'ous la considfrons ... comme nécessaire ... la Soci(·lé avait une libC'rlé g-angrC'nt·e: le cauLionnement,ce chirurgien redouté viC'nt d'op.:•rcr le corps social. >> (Xumtro du 11 août). Le libertaire Hugo n'était pas homme ù hésiter dcrnnt l'amputation clc toute liberté qui inquiète la classe possMantC' cl trouble les cours de la bourse. Yictor Hugo commit alo1·s la grande bévue de sa vie politique; - il prit le prince Xapoléon pour un imbécile, dont il espérait faire un marchC'pied. D'ailleurs c'était l'opinion générale des politiciens sur celui que Rochefort devait surnommer le Perroquet mélancolique: car m<~mcclans l'erreur, Hugo ne fut pas original, en se trompant il imitait quclqu·un. Il était si absorbé par le désir de se caser dans un ministère bonapartiste, qu'il ne s'aperçut pas que les Morny, les Persigny et les autres Cassagnac de la bande avaient accaparé lïmb(•cilc et qu'ils cntC'ndaicnt s·cn réserver l'exploitation. Ces messieurs. avec un sansgl\nc qui l'éLonna et Je choqua grandement l'enYoyèrcnt potiner dans sa petite succursale de la rue de Poitiers et escamotèrent ù son nez et à sa barbe le ministère si ardemment co1n-oité. Au lieu d'cmbourser son m{•comptc et de contenir son indignation comme c'était son habitude, il s'oublia et se jeta impNueuscmcnt dans l'opposition. Les républicains de la Chambre, manquant d'hommes, l'accueillirent malgré son passé compromrtbnt et le sacrèrent chef. Grisé il rêva la présidence. Le coup d'Etat qui surprit au lit les chefs républicains, dérangea ses plans: il dut suivre en C'xil ses partisans, puisqu'il étaiL leur <"hcf. Les chenapans, qui, à l'improviste s'étaient
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