îli L.\ HE\'lJE SOC!.\L!STE conduilc, non moins admirable de son journal l'Eréne1,w11/, fondé le 30 juillet 1848, avec le concours de Yacquerie, de Théophile Gautier, et de ses fils. Elle mérite d'ètre signalée. L'Eténe111e11t prenait cette d<'visc, qui après juin était de saison : « Haine à l'anarchie - tendre et profond amour du peuple. » Et pour qu·on ne se méprit pas sur le sens de la deuxième senlencc, le numéro spécimen disait que l'Evéne1,wnt « vient parler au paunc des droits du riche, à chacun de ses dcrnir~. » Le numéro du premier novembre annonçait « qu'il est bon q 110 le Xnlional qui s'adresse ù l'aristocratie de la République se donne pour 15 centimes, que l'Evene1,wnt qui veut parlrr au pauvre se vende pour un son. » Le poëtc commençait à comprendre quo dans lrs petites bourses des pauvres, se trouvaient de meilleures rentes que dans les fonds secrets des gou- ,·crncmcn ts et les coffreforts des richrs. Suivant l'exemple donné par les Thiers de la rue do Poitiers, car \ïctor Hugo imita toujours quelqu'un, l'Ere11e11w11t cndoctrinr le peuple, r<'.•panddans les masses ouvrières les saines cl ronsolant<'s théories de l'économie politique, réfute Proudhon, combat« le langage des flatteur,; du peuple, qui calomnient. Le J)Cupl<'<'.•couteceux qui rcntrclienncnt des principes et des d<'rnirs plus volontiers que ceux qui lui parlent de ses intérNs et de ses droits.» (::\'uméro du 1•, noYembre). Il se fait l'apùtrc du lib<'.•ralisme,celle religion bourg-Poise qui amuse le peuple a,·cc des principes, lui inculque des devoirs, el le détourne de ses intéréts et do ses droits; qui lui fait abandonner la proie pour l'ombre. Après lïnsurrcction de juin, il ne restait, scion Hugo, qu'un moyen de sau\'cr la République: - la livrer à St'S en11emis. Thiers pen~aitainsi après la Commune. La Uéfor·11ze incapable Ùl' ~·élever jusqu'à lïntelligence de cette machiaYéliquc tactique, se plaignait de cc que « les républicains sont mis ù l'index. On lrs fuit, on les renie, tandis qu'il n·.v a pas de légitimistes 011 d'ol'l<'.•anistcs,si décriés, dont on n'épaule lïg-norancc et qu·on n'<>ssaiede réhabiliter à tout prix. » L'Evé11e111e11l lui riYc son clon a,·cc cette écrasante réplique : « Si les r<'.•publicains ~ont ù cc point suspects, n'est-cc pas la faute des républicains? ... Le christianisme n·a été réellelllcnt puissant quo lorsque les prêlres en onl perdu la direction. :. (::\'um{•rodu l" aoùl). Et pour protéger la République contre les républicains Ir journal de \ïclor Hugo entre en campagne contre Caussiùièro parce qu'il « ne pense pas, qu'il n'est pas la ü:•te, mais la main•; C.)ntrp Louis Blanc, parce quc ccson crime, cc sont S(>Sid~cs; ses livres, sc•s discours; ces complic(>S,cc sont ses trois cent mille
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