L.\ L~:GEXDE DE VJCTOR HtJGO il3 modéré• et l'on peut défier ses ad vcrsai1·cs de découHir pendant ces longues années, 11 n seul jour de défaillance. En 1848, les conservateurs et les réactionnaires les plus compromis se prononcèrent pour la République que l'on Yenait rie proclamer: iïcto1· Hugo n'hésita pas une minute A suinc leur noble exemple. « Je suis prèt,dit-il,dans sa profession de foi aux électeurs, ù dévouer ma Yiepom· t'•tablir la République q II i multipliera les chemins de fer ... décuplera la valeur du sol. .. dissoudra l'émeute ... fera de l'ordre, la loi des citoyens ... grnnclira la France, conquerra le monde, sera en un mot le majestueux embrassement du genre humain sous le regard de Dien satisfait. >> Cette république.: est la bonne, la \Taie, la républi_ que des alfaires, qni présente« les cùtés généreux» de sa devise de 183ï. - « Je suis prêt, conlinuc-t-il, à dévouer ma Yic pour cmphher l'établissement de la république qui abattra le drapeau tricolore sous le drapeau rouge, fera des gros sous a vcc la colonne, jetterait bas la statue de ·apoléon et dressera la statue de :\larat, délrn ira l'[ nstitu t, 1·Ecole polytechnique et la Légion d'honneur; ajoutera A l'angusle de l'ise: Liberté, Eyalili;, Jq•al<•,·,i N, l'option sinistre: 011 ln 11w,·t; fera banqueroute, rninera les riches sans enrichir les pauvres, anéantira le crédit qui est la fortune de tous et le travail qui est le pain de chacun, abolira la propriété et la famille, promènera des tètes sur les piques, remplira les prisons par le soupçon et les videra par le massacre, mellra l'Europe en feu et la civilisation en cendres, fera de la France la patrie des ténèbres, égorgera la liberté, élouffera les arts, décapitera la pensé<?, niera Dieu. " Celle république est la république sociale. iïclor Hugo a loyalement tenu parole. Il était de ceux qui fermaient les ateliers nationaux, qui jetaient les ouHiers dans la rue, pour noyer dans le sang les idées sociales, qui mitraillaient et déportaient les insurgés de juin, qui \'Otaient les poursuites contre les députés soupçonnés de socialisme, qui soutenaient le prince ::\'apol{•on,qui ,·oulaient un pouYOir fort pour contenir les masses, torroriser les socialistes, rassurer les bourgeois et protéger la famille, la religion, la propriété menacées par les comm·unistes, ces barbares de la civilisation. AYec un courage héroïque, q11·auc11nepitié pour les vaincus, qu'aucun sentiment pour la justice d<' lcnr cause n't•branlèrent, Victor Hugo, digne fils du Brutus Hugo do lï93 vota aYec la majorité, maitresse de la force. Ses votes glorieux et ses paroles éloquentes sont bien connus; ils sont recueillis dans les annalos de la réaction qui accoucha de l'Empire; mais on ignore la
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==