il2 L.\ REYt;E SOCI.\LISTE se métamorphose en républicain. Les personnes qui s'arrêtent aux apparences, l'accuseront d'ayoir varié, parce que tou r-ù-tour il fut napoléonien, légitimiste, orléaniste. républicain; mais une étude un peu atten ti vc montre au con traire quc sous tous ces régimes,i l n'a jamais modifié saconduitc,quc toujourssanssc laisser détourner par les aYènemcnts et les renverscme11ts de gouYcrncment, il poursui\'Ît un srul objet, son intérêt personnel, que toujours il resta hugoWe, cc qui est pirr qu'égohte, disait Cl'ttc méchante langue de Heine. Est-ce la faute ù cc pauvre homme, si pour faire fortune, le but sérieux de la vie bourgcoisr, il dut mettre ù son chapeau toutes ces cocardes? Si faute il y a, qu'elle retombe sur la Bourgeoisie qui acclama et renversa successivement tous ces gouverncme11ts. Hugo pàtit de ces Yariations politiques: jusqu'en 1830,il dut élontrer son arJcnteadmiration pour :i\'apoléon; et jusqu'en 1818, il dut ensevelir son républicanisme sous des flatteries au roi, comme Harmodius cachait son poignard tyrannicide sous des fleurs. lis comprennent bien mal Hugo, ceux qui voient en lui un homme YOué à la réalisation d'une idée: it ce compte sa vie serait un tissu de co□ tradictions irréductiblrs. Il laissa cc rolc aux idéologur;:, aux huluberlus qui rêvent leur vie; il se contenta d'être un homme raisonnable, ne s'inquiétant, ni de l'effigie de ses pièces de cent sous, ni de la forme du gouvrrnement qui maintient l'ordre dans la rue et fait marcher le commerce. Dans son autobiographie il déclare explicitement que « la forme dn g-011\'erncment lui semblait la questiou secondaire». Dans la préface de T oix interieures de 1837, il avait pris pour deYisc : « Etre de tous les partis par leurs cotés généreux, (c'est-à-dire qui rapportent); n'ètre d'aucun par leurs maurnis cotés (c'est-à-dire qui occasionnent des pertes)». Hugo a été un ami de l'ordre: il n'a jamais conspiré contre aucun gouYernement; celui de l'iapoléon III excepte, il les a tous accrptés et soutenus de sa plumr et de sa parole et ne les a abandonnés que le lendemain de leur chute. Sa conduite est celle de tout commerçant, sachant son métier: 1mc maison ne prospère, que si son maitre sacrifie ses préférences politiques et accepte le fait ac,:ompli. Les Dollfus,les Kœchlin,lesScheurer-Kcstner,ces républicains modèles de Mulhouse, la cité libre jusqu'en 1793, ne se sont-il pas accommodés à tous les régimes qui depuis près d'un siècle, se sont succédés en Alsace; n'ont-ils pas reçu des subventions de l'empire, et ne lui ont-ils pas réclamé des franchi$eS douanières pour leur industrie et des mesures répressives contre leurs ouvriers? Les atraircs d'abord, la politique ensuite. De 1818 à 1885, Hugo se comporte en « républicain hounl!te et
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