L.\ L~:GENDE VE VICTOR llt:;GO îll dans son cerveau: il n'eut pas besoin, comme le Marius des Misùables, de monter sur les barricad,3s et d'y recernir des blessures pour se guérir de son néo-républicani5me. Dès qu'il comprend que le trône de Louis-Philippe est affermi. il déclare « il nous faut la chose république et le mot 11w1za,·chle», (1). Cette phrase qui paraitra un plagiat du mot historique de Béranger, est une profession de foi: elle rnulait dire, qu'il allait accepter les gràces et faveurs de la monarchie, tout en restant républicain dans son fol'intérieur. Sous Louis X nII et Charles X, il adorait :-iapoléon dans son cœur, et l'insultait dans les Yer.s publiés, pour plaire à ses patrons légitimistes. Le républicain flatta Louis-Philippe. pour obtenir la pairie, comme le napoléonien adula les Bourbons pour arracher des pensions. Le 21 juillet 1812, il eut le courage de jeter à la face de LouisPhilippe des phrases de ce calibre:« Sire, vous êtes le gardien auguste et infatigable de la nalionalilé et de la civilisation ... Yotre sang est le sang du pays, votre famille 0t la France ont le même cœur ... Sire, mus Yinez longtemps encore, car Dieu et la France ont besoin de Yous >. Yiclor Hugo a toujours élé cosmopolite: il unissait tous les rois d'Europe dans son adulation. Plus tard, après 1818, il parlera des Etats-Unis d'Europe. ~lais aupararn11t il avait« béni l'aYénement de la reine Victoria» et célébré le Czar :-iicolas « le noble et pieux empereur» (2). En 1815, il priait le baron de Humbolt de remcltre un de ses discours académiques« à son auguste roi, pour lequel, YOus connaissez ma sympathie et mon admiration». Cett0 maj0sté si admirée (,tait Guillaume IY, roide Prusse et frère de l'empereur d'Allemagne, cou1·onne ù Versailles (3). L'histoire ne raconte pas si le poëte reçut de gratifications des _\lajesU•s-Uniesd'Europe. Enfin arrirn le grand jour: Hugo reconquérnnt la maitrise de son ùme, ne sera plus obligé de flatter les rois en public et de chérir la républiquedansson for intérieur. La révolution de 1818 chasse,< l'auguste gardien de la ciYilisation » et juche au ponYoir les républicains du -Yalio nal. l:n i nslan ton croit la régence po~- sible, Yictor Hugo s'empresse de la demander, place des Yosges; on proclame la république, Yictor Hugo, sans perdre une minute, (1) \"1cTOR Iluoo. Philosophie et lillt!ratw·e mi/lées. 1834. Journal d'un révolutionnaire de 1830. (2) V1cT. lluoo. Le Rhin. Tcm. Ill. 288, 3:ll. (3) Cas détails biographiques, que par une modestie déplacée, Victor Hugo supprima d,ns l'autobiographie, qu'il dicta à sa femn,e, ont été rètablis dans l'~ude si érudite et si spirituellement ccritc de M. EJ. Biré, l'icto,• llugo a~ant J/:J30. J. Gervais, édit. 18:3:1O. n ne saurait trop en recommander la lecture aux Hugolâtrcs qui désirent connaitre intimement leur héros.
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