La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L.\ L~GEXllE DE \'JCTOR IIGGO îOO clu comte rl'A,·tois, aujou,·cl'hui Chartes X. « Aucun prince ne fut plus séduisant que le Comte d'Artois ... il est rempli de grace, de franchise, de noblesse, etc ... » et cela ccntin ue ainsi pendant des dizaines de pages. Le roi encens(•, il allo11ge son coup de pied à cc cette rérnlution, qui se plongeait dans tous les crimes et rampait sous tons les maitres ", il insulte Duonaparlc, se pùme ù la lecture de la p1·oclanwtion à l'r11·111ée du Corntr d'Artois, lieutrnant-général du royaume, rnrnyé à Lyon pour arrèter la marchr dr ::'\apoléon, et il la commente ainsi: « Plus cr langage (•lait noble et délicat, moins il était propre à fai1·eimpression sur des esprits qui ne semblaient accessibles, qu·ù celui de la sMuction.Les traitres n'y opposèrent qu'un rire moqueur». Son père, Ir général llugo, était parmi ces traitrrs.- Charles X exilé, Abel décoré par Louis-Philippe pour cc sen-ices rendus par la plume i>, écrivit I'llisloii·e populaire cle-'\{l_polëon (1833;, elle lui rnlut les chauds compliments du prince ::'\apoléon. Abel joignait J cette remarquable souplesse de conduite, u11 esprit commercial, fécond en ressources. Il publia pour répondre aux engouements dn public et satisfaire ~es goùts, drs études sur le th(·i,tre Espagnol, une édition du Ro;,w11ce,·o, une brochure sur le nua110, sa valeur co1,1,11e,101Y1is, un guide perpétuel de Paris: Tout Pa1•ispow· 12 sous, un mémoire sur la Pé,·to<le (le clisette, qui menace la France, une liis/oi,•e <leF,·rmce, ill11st,·ee ,-il composa un rnudeville en collaboration avec Romieu; iI étudia L'. l(;•ique au point de vue agricole, créa le Jo1n·1wl du Soir, inYenta les publications illustrées, par linaison, etc. Abel était un habile industriel de lettres. ~lais. cc ù quoi on ne dernit s·auendrC', c·est de rencontrer chez le soldat des guerres de l'empirC', cC'tte humanitairiC' qui, sur la lyre de iïctor dernit se substituer au roi et au catholicisme. Sous le pseurlonyme de Genly, le général !Ingo publiait en 1818 une brochure où se mêlent avec bonheur les prfoc:cupalions de l'industriel et du philanthrope (1). Il y résout ce double problème: donner une dot aux enfants trouYés, et pro~urer des trarnilleurs blancs aux planteurs, qui ne poll\·aienl plus, comme par le passé, aller chercher des noirs sur la côte africaine. Les travailleurs blancs seraie11t pris aux Enfants-trouvés. Le gouvernement élevant ces enfants à ses frais, petit en disposer ù son gré: ~ il se chargerait de fournir aux colons, des enfants dans (1) Mémoil·e sur les moyens de supplée,· d la traite des nègres, par des individus lib,·es et d'une maniè1·e qiâ gai·antisse pou,• l'avenii' la sûreté des colons et la d.!pendance des colo11ies, 1,ar Gcnty, in S• - Janvier 1S18. Blois, imprimerie Verdier.

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