La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L.-\ LÉGE:-DE DE YICTOR HUGO î03 des suspectes, constatés. La brigande ui rit son mari à .Jladri<l, orna la cour de Joseph qni, sur le trùne d'fü;pa;rne, remplaçait, le roi lt'.•gilimc, et permit ù. son fils ainé Abel, d"endosscr la livrée bonapartiste, en qualité de 1,agc. Le royalisme de .Jladame Hugo, si tant est, qu'elle cul une opinion politique. <levait èLre bien platonique: autrement il faudrait, admctlre que cette femme si cvurag-cuse, si fidèle en ses amifü•s (pendant 18 mois, au risque de mille dangers, elle cacha aux Fc,uillantincs, le général Lahol'i<', traqué par la police impt'.•rialc) aurai!, ainsi renié sa foi et pactisé ayec les plus cruels ennemi:-; de son parli. Hugo a dù ne savoir à quelle cxcu'C se Youcr, pour en arri,·er à prètcr à sa m,')rc défunte, des opinions en contradiction si flagrante· arec les actes de sa Yie cl à nous la montrer traitre au parti, traitre au roi pour qui rllc :l\·ait affronté la mort Lui, le fils pieux, il a dù souffrir d"ètrc réduit il flétrir la mère si dévout'.·e à ses enfants, qui les élcrn et les soigna si tendrement alors que le père les abandonnait, qui les laissa librement se dérelopper et obéir aux impulsions dr leur nature. :\Jais il lui fallait ù tout prix trotn-er quelqn'un, sur qui rejeter la responsabilité de ses odes ro)·alistcs, qui l'cmbarrassaicnl darnnlag-c que le boulet ne gène le forçat, pour fuir à tra rcrs champs: il prit sa mère (1). Il peut in roquer des circonstances atténuantes. On uLilisait, à l'époque, la mère de toutes les façons; clic était, dt'.•jà la grande ficelle dramatique : c·t'.•tait le souvenir d(' la mère qui au théùlre paralysait le bras de l'assassin prèl à frapper; c'était la croix de la mère, qui exhibée au moment, psycltologiqu<', préYcnait le viol, lïnccste eL sauYait l'héroïne; c'étaH la mort de sa mèr<>,qui du Chateaubriand sccpLiqnc eL disciple de Jean-Jacques de lïOï, tira le Chateaubriand mystagogiquc d'Atala et du Génie du Christianisme de 1800. \ïrtor Hugo qui ne devança jamais de 21 hcnrcs l'opinion publique, mais sut toujours lui emboiter le pas, singeait Chateaubriand, son maitre, et appliquail à son usage privé le truc qui ne ratait pas son effet au thl•ùtre. Que le royalisme de Hugo fùt dr circonstarwc ou d'origine maternelle, peu importe ; il est c<>rtainquïl était grassement payé, et c'(•tait heureux, car le public achetait aycc modération ses livres: les éditeurs de Jlan cl'lslrmde lui écrirnicnt en 1823, (1) De JS!ï à 1826 aucun cvénement heureux ou malheureux ue pouYait arriver à la famille royale, sans qu'il ne saisît aussitôt sa bonne plume d'oie: tantôt c'est unt naissance, un baptême, une mort; tantôt un avéncmcnt, un sacre, qui allume sa ,·en-e. llugo est Je Belmontet de Louis X\"Jll et de Charles X; il est le poète officiel, attaché au service personnel de la famille royale.

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