La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

îO2 L.1 HEl"{."E SOCI.ILISTE II Lrs It'.·gitimistrs ne pardonnrnt pas ,·L Yictor Hugo, l'ultraroralistc et l'ardent catholique d'arant 1830, ù'èlrc passé au p,{ru rèpublicain. Ils oublirnt qu'un fils dr Ycnclt-cn, ~.I. de la Rochejaqurlcin, rnrôlé dans Ir sénat du srco·nd Empire. n'.•pondil carn.lièrrmcnt ù de semblables reproches:< li n·y a qnc lrs imbt'.·rilcs qui ne changrnl j:1mais.)) Le I oëlc, incapable de cr dédain arislocratiqur, ne lança jamais an pal'Li qu'il di·scrtait celle impCI'li11,'11tcr:xc11sr: mais il von lut expliquer aux républiC'lins pourquoi il arnit ét.'.!royalislc. - .\Ia mère était une b;•ir;r:nute ùc la Yrnd<'-e; à quinzr ans clic fu.rnit il travers Ir Hocagr, comme .\ladamc llonrhamp, comme .\Iadamc <le la Rochrjaqurlcin, écrit-il en 1831, clans la prt'.·facr des l'euillf's cl',.J 11to11111e.-- .\lon pbrc, soldat dr la fü·publiquc et de l'E111pil'c bivouaquait en Enropr; je vt'.-c11s anprès de ma mère et subis sesopinions; pour clic << la Rernlulion c"élait la guillotine, Bonaparte l'homme qui prenait les fils, l'cmpi1·<·du sabrc.(l) ll Son influence.non contrcbalanc(!e, planta clans le jeune cœur de Hugo une haine Yigoureusc de ::---apoleon cl de la Rérnlulion, car « il étnit soumis rn tout ,t sa mbre et pI'èt à tout cc qu'elle \'Oulait. (2) •> Lr royalisme de Hugo n'(•lait qne de la piété filiale cl l'on sait qnr prr:;onnc, mieux que lui, ne méi'ila l',•pi laphc <le bon fils, bon mari, bon père. Emporté par son imagination, Hugo, I<' con,·erli ùc 1830, ~c figurait les opinions de sa mèrC',non tellrs qu'elles aYaient élt'.-, mais telles que les besoins de son excuse, les exigeaient. En effet, cette brigande, qui battait la campaghe pour le Roy. s'amouracha d'un pr,tnurl, du républicain .J. L. S. Hugo, qui, pour semettre ,1 la modedu jour,s'élaitaffu blé dn prénom Brutus. Elle !"avait connu à l\'antcs où siégeait une commission militaire, qui parfois jugeait et passait pal' les armes, en un seul jour, des fournées de dix ou douze briganrls et lHiga11rles. llrutus Hugo remplissait auprès de cette commission les fonclions de grefTicr. En 170G,la brigande épousn civilement le soldat républicain, qui, plus llrutus que jamais, était pour l'in. tant et le rcstn jusqn'C'n lî99, rapporteur d'un conseil de gncrrc, qui jugeait <'X"péditivcment les royalistes: sans antre forme de prociis, il les condamnait à mort, leur identité et inscription sur la liste (1) VICTORlluGO. Philosophie et littératw·e mélées 1831. Yol 1. 20J. (2) Victor Ilugo ,·acon té 1ia,· im témoi>i de sa vie. Yol. 1. 147.

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