La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

tiD2 L.I RE\TE SOCI.ILISTE publics daus la Sooëté future, nous croyons que l'exploitation des mines est du ressort de l'Etat. et cela pour les raisons suivantes: 1• Parce que les mines, carrières, etc., sont nécessairement des monopoles, puisque les terrains à houille, à minerais, à marbre, à pierre bleue, à pavé, à ardoise, sont nécessairement assez limités, et que tout monopole aux mains des particuliers ou d'associations quelconques. peut devenir le point de départ de spéculations et de rançot\- nements exercés sur le public ; 2• Parce que les mine,, carrières, etc., et surtout les charbonnages, étant concentrés entre les mains de quelques puissantes compagnies fusionnées. ou, sinon fusionnées, du moins réunies de fait entre les mains de quelques hauts seigneurs qui sont à la tète des grandes sociétés financières sont devenus ipso facto de, entreprises sociales auxquelles il ne manque que d'être placées sous la gestion de l'Etat; 3° Parce que l'industrie houillère en particulier, par suite de la substitution de plus en plus générale de la machine à vapeur au travail musculaire de 1'0;1vrier dans presque toutes les industries, doit distribuer régulièrement à tout l'appareil industriel moderne son pain quotidien, qui est la houille, c'est-à-dire le calorique, c'est-à-dire le mouvement; et que, par suite de cet état de choses. la production moderne se trouve sous la dépendance de l'industrie houillère, laquelle est ainsi devenue un véritable service public d'un genre particulier. un service public destiné à fournir à la production son aliment indispensable, l'élément essentiel de sa vitalité, la force motrice. » Dans ce qui pricède nous avons supposé que la reprise des mines dût être suivie de l'exploitation par l'Etat. Cette version a ses ad ver· saires dans le socialisme. Pour l'éminent sociologue Guillaume Degreef par exemple, ,( les théories absolues de l'exploitation par l'Etat et de l'exploitation privée peuvent bien trouver la solution de leurs contradictions dans l'exploitation par les syndicats à des clauses et à des conditions déterminées dans l'intérêt général ( 1). » La perspective parait tout d'abord séduisante; cependant, méditez cette autre observation du regretté César de Paepe. « Certes, la concession des chemins de fer, des mines, etc., à des compagwcs ouvrières n'aurait pas, du moins dans le début, le même caractère d'exploitation effrénée qu'ont acquis les compagnies financières, actuellement concessionaires de ces grands services publics. Mais n·oublions pas que la moderne aristocratie capitaliste, elle aussi, est sortie du Tiers-Etat: n·oublions pas qu'avant d'ètre ce qu'ils sont aujourd'hui, les haut-barons de la finance (ou sinon eux-mêmes, du moins leur père ou leur aïeul), ont été des travailleurs, placés dans une situa- ( l) Guillaume Oegreef: le Rachat des Cbarbo1111ages.

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