La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE;; ~IOXOPOLES D'ÉT.IT GOl <liait sa récolte pour ne pas payer des manœuvres trop cher, les tribunaux l'appelleraient certainement à leur barre. "Pour ces féodaux financiers,il n'en est pas ainsi; au contraire, le gou\·ernement leur donne des soldats pour massacrer les mineurs comme à la Ricamarie et à Aubin, aussi considèrent-ils les mines comme leur propriété et les mineurs comme leurs esclaves.» A quelque point Je vue qu'on envisage leur gestion, les compagnies concessionnaires sont trois fois indignes et ont plus que ~1érité leur déchéance. L'Etat a donc non seulement le droit, mais encore le devoir de dégrader des exploitants iniques et de reprendre les mines. Au reste. on n·aurait ici à faire face à aucune des difficultés financières qu'il faudra résoudre pour opérer par exemple le rachat des chemins de fer. Le capital nominal des compagnies minières ne dépasse pas un milliard pour la France. Et encore y aurait-il à régler en justice et en équité certains c:>mptes ave: les exploitants sans vergogne qui ont taché leur privilège de tant de boue et l'ont trempé dans tant de sang. Quant à l'avantage social il n'est pas discutable; il y aurait béné1ice pour l'Etat qui serait maître de sa richesse houillère ; bénéfice pour les consommateurs, qui auraient le charbon meilleur marché ; bénéfice enfin pour le million de mineurs et leurs familles, qui ne seraient plus sacrifiés à la cruelle cupidité des compagnies minières. Du jour au lendemain, l'Etat maitre des mines, pourrait donner satisfaction aux justes réclamations des ouvriers mineurs, telles qu'elles ont été formulées dans le Congrès international de Bruxelles 1890, où les délégués mineurs, après s'être énergiquement prononcés pour le retour des mines à l'Etat, ont ainsi formulé leurs revendications: 1• Fixation légale de la journée de huit heures. Abolition du marchandage ; 2° Salaire minimum : piqueurs, 8 francs; boiseurs et mineurs, 7 francs; manœuvres. 6 francs; 3° Journée intégrale aux malades et blessés ; 4° Admission à la retraite après vingt-cinq ans de service, sans condition d'àge; pension aux victimes d'accidents. 5° Taux de la pension: 3 francs par jour, y compris les jours fériés. Le premier devoir de la République sociale sera de faire droit à des demandes si équitables et si modérées, sans préjudice d'améliorations plus radicales qui suivront rapidement. Inattaquable en équité, la légitimité de la socialisation des mines n'est pas moins inattaquable en droit strict. « Nous croyons, a dit César de Paepe dans son Essai sur les services

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