La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES MO:-.OPOLES D0 ÊTAT 693 tion privilégiée. Grâce aux perfectionnements incessants des agents mécaniques, gràce aux nouvelles applications industrielles des découvertes de la science, grâce â la diminution des frais d'exploitation et à l'accumulation de capital qui résulterait de ce développement du machinisme et de cette application des découvertes scientifiques de tout genr,:,, ces compagnies ouvrières, propriétaires d'un ·vaste matériel perfectionné, di~posant d'un monopole naturel ou artificiel que la société leur aurait abandonné, ne tarderaient pai; à dominer toute la situation économique, comme leurs aînées les compagnies financières. Sans doute, on nous dira que les concessions ne se feraient que moyennant certaines conditions, et que les compagnies ouvrières, en acceptant la concession, seraient liées par un contrat. Mais les compagnies de capitalistes à qu! l'Etat a concédé des houillères, des lignes ferrées, etc., sont aussi liées par un contrat; cela les empèche-t-il de distribuer de gros dividendes à leurs membres et d'écumer le plus clair de la richesse publique? Du moment que les compagnies auxquelles vous concédez un monopole quelconque sont propriétaires de leur matériel d'exploitation, quel est le contrat qui viendra leur défendre d'améliorer ce matériel, d'économiser les frais, de ne pas renouveler le personnel à mesure que les décès viendront le diminuer, d'accumuler enfin des capitaux, de devenir, en un mot, une nouvelle classe privilégiée? Nous aurions eu amsi tout simplement le malin plaisir de substituer une aristocratie ouvrière à l'aristocratie bourgeoise, comme nos pères ont substitué une aristocratie bourgeoise à la vieille aristocratie nobiliaire ». ( 1) L'objection porte et vaut qu'on s'y arrête. La 111i1a1uex mineurs, c'est la devise de l'ignorance. Le socialisme scientifique a pour tendance de transformer tous les travaux en fonctions sociales pour le bien des travailleurs et pour celui de la collectivité elle-mème. Mais ces sont les questions qui seront amplement traitées dans le troisième et dernier volume du présent ouvrage sur le Socialis11i1netégral. VII. DE Ql'ELQl'ES ,\UTRES ~10:-:0POJ.E,- n'ETA 1'. Le socialisme moderne ne bâtit pas des cités en l'air. il observe les phénomènes économiques, en découvre les lois et cherche de quelle façon on pourrait les faire servir à l'utilité sociale. C'est ainsi qu'il laisse à son évolution tout ce qui dans le domaine (t) César De Paepe: Les sef'1!ictsp11bhcs,précidis de deux essais sur le co/1,c/i'l!isme, Notice biographique par B. Malon.

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