600 L.\ HE\TE SOCI.\LISTE Q!1ant au gaspillage des vies humaines et de notre richesse houillère auquel se livre:1t les exploitants il a été mis à nu dans tous les congrès d'ouvriers mineurs. Au congrès de 1882, M. Michel Rondet, délégué de la Cbambre S.vndicnledes Mineurs de la Loire put (sans craindre aucune rectification) foi mu Ier ces graves accusations : « Messieurs les actionnaires veulent que leurs actions doublent, triplent, quintuplent. Pour cela, ils font participer Messieurs les ingénieurs aux bénéfices. lis les forcent à faire sortir beaucoup de charbon avec peu d'ouvriers et peu de matériaux. « li s'en suif de nombreux nccidR11ts et des perles considérablesde bo111/le ! Mais que leur importe que ln propriété naf101tnlesoif gaspillée, que soit écrasée, foulée aux pieds l'humanité, pourvu que leurs coffres-forts se remplissent. « Je signalerai au Congrès qu'il y a des mines dans le bassin de la Loire. qui sont exploitées p.1r ébo11le111enfs, méthode condamnée par les gardes-mines, ce genre d'exploitation par éboulements est défectueux, il présente divers inconvénients : ,, 1° C'est le plus dangereux pour l'ouvrier; 2• La Co111pag11ni'en retire pas 111è11le1etiers; 3° les deux tiers qui restent devie1111e1ln1pt roie .du feu nu détriment de ln wé et de la santé du 111ine1,r; 4° le redevancierest volé et lajorfuue publique est bnilée. ,, Je citerai encore, toujours pour le compte de cette Compagnie, qu'en 1869, lors de la grève des mineurs de la Loire, elle a laissé incendier des massifs immenses de houille, ppur ne pas céder aux demandes des ouvriers. ,, De pareils faits sont des uimes de lèse-propriété qui devraient traduire leur auteur à la barre de, cours d'assises. Si un paysan incenterre ; c·est ensuite que l'abondance de la production minière ferait baisser sur lemarché le prix de la houille, du fer, etc. Nous nous chaufferions à meilleur comptt: et nous payerions moins cher tous les produits dont la fabrication exige le combustible. Les ouvriers mineurs d"autre part, seraient mieux rétribués, pourraient satisfaire un peu moins incomplètement leurs besoins les plus organiques. Mais, comme les frais de cette double amélioration des conditions économiques du plus grand nombre seraient supportés par les propriétaires individuels ou collectifs de la France minière, dont les profits, les dividendes seraient réduits d'autant, les concessions demandées et obtenues ne sont pas mises en œuvre. O,t ne les demande même Jeplus sot1ve11tque pour en empécber fexploitatùm par d'autres. Les concessionnaire~, eux, y trouvent leur compte, indemnisés, pour ne pas dire payé~, qu'ils sont - et bien payés - par les possesseurs des mines en activité, pour la concurrence qu'ils ne leur font pas el qu'ils pourraient leur faire. (Jules Gucs,lc, dans le Socialiste),
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