688 L.\ RE\TE SOCIALISTE des ouvriers 111i11eurs, qui s'est tenu du 3 1 mars au 5 avril à la 'Bo11rse du travail de Paris,où 99 délégués représentaient 980.000 mineurs d' Angleterre, d'Allemagne, de France, de Belgique, d'Autriche-Hongrie. En ces mémorables assises du travail minier. la résolution suivante du délégué belge Defnet a été prise à l'unanimité: Le Congrès i11/ernalio11adles 111ine11rrhs111l~e 31 mars el jo11rssuivants à la Bourse du Travail de Paris, est1111qeu'une grève gé11éraledes 111i11eurs de Fra11ced, 'J/11glelerre,de Be!giqne, d'Allemagne et d'A1tlricbe-Ho11grie pourrait devenir nécessairepour co11quèrirla jonmée de travail de 8 /Jeures. Il i11vite en co11séq11enc_elesgouvernements et les législateurs de ces différentspays à se mettre d'accordpour adopter 1111ceon-ve11tio1in1/ematio1wle ayant pour but d'appliq11er1111elégislation i11terualio11alàe tous les ouvriers mineurs. li y a là une menace dont la réalisation pourrait bien briser comme verre les syndicats patronaux, les trusts et les ri11gs miniers qui, en cc moment, font la loi dans les cinq nations et contraignent particulièrement l'empereur allemand à une humiliante palinodie. li y a douze ans, un socialiste belge lançait aux mineurs ce généreux appel : (( Vous, qui descendez à six cents mètres sous terre, pour remplir votre tàche journalière, vous avez droit au bien-ètrc. Vous, qui scrutez les entrailles de la terre et qui souvent y ète~ blessés ou tués, et qui toujours suez sang et eau, sachez que vous êtes nécessaire à la société, et que, par cela mème, vous devez avoir une volonté! « Unissez-vous, travailleurs de l'abime, le salut est à ce prix! ,< Unissez-vous, et vous serez moins exploités! Et quand vous serez forts, quand, gràce à vous, le parti socialiste possédera les moyens d'action nécesrnires pour appliquer ses revendications pleines de justice, nous ne nous contenterons plus de demander des garanties aux possesseurs de la propriété de tous. Non, nous dirons à ces messieurs: Assez d'exploitation, justice! Assez de misères pour ceux qui travaillent: le bien-être pour eux! Rendez à la collectivité ce que vous lui avez extorqué et que la loi a légalisé. Assez de ce désordre! Celui qui ne travaillepas ne méritepas de 111a11ger. Nous qui, en travaillant, crevons de faim, nous voulons le bien-être. « Voilà ce que nous pouvons leur dire, ô travailleurs, lorsque nous serons unis 1 « Et vous, messieurs, exploiteurs de toutes sortes, et vous, législateurs, qui restez sourd à la voix de la justice, prenez garde! Votre égoïsme vous perd ! « La conscience humaine peut bien dormir quelquefois, mais elle ne meurt jamais. Malheur à vous, insensés, qui voulez l'étouffer ou
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