La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES ~JO;\"OPOLES u·J'.:TAT 687 toute concurrence entre les diverses entreprises minières, n'a pas empêché les prix d'atteindre une hausse de 80 o/o. La houille de Silésie est montée de 5 marks 80 la tonne qu'elle était en 1887, à 9 marks 50 en 1890; à Dortmund, en Westphalie, elle a monté de 4 marks 20 à 8 111.: à Essen, de 5 m. 70 à 10 m. 50, et parto'-!t, à l'avenant. au grand mécontentement de lïndustrie et des consommateurs de toute classe. « A côté de cette énorme élévation des bénéfices des Sociétés houillères, voici les chiffres de l'accroissement, bien autrement moindre, des salaires pendant ces trois dernières années. HAt:TE SILÉSIE BASSE SILÉSlll WESTPHALIE SAA ltB::ucn. 1888 2 fr. 31 2 fr. 55 3 fr. 35 :~ fr. G8 1880 2 fr. 70 2 fr. 70 ·1 fr. 0!l 1 fr. 31 1800 ~ fr. 85 t fr. 8ü ·1 fr. 37 t fr. 51 Pour les 270.000 ouvriers mineurs de tous ces bassins, les salaires représentent environ 45 o/o de la ,·aleur du combustible extrait et laissent, par conséquent,' une belle marge pour les bénéfices des entrepreneurs et propriétaires. Mais la partie la plus éloquemment instructive de la question, c'est celle qui expose en quelque sorte le côté social de l'Association. Dans son compte-rendu à sa Société, M. O. Natorp rappelle que l'opinion publique qui, lors des grèves en 1885, s'était montrée assez favorable aux grévistes, s'est modifiée lors de la publication de J'enquête: il dit que les associations minières ont adopté une attitude. énergique lors des grèves de 1890 et quand les ouvriers comprirent que tous les directeurs étaient disposés à agir avec la même énergie, ils changèrent d'avis et reprirent leur travail. L'Association déclare assumer la responsabilité et aussi l'honneur de cette attitude énergique. <( C'est elle qui décida les administrations minières à mettre les grévistes en demeure de reprendre leur travail sous peine d'un renvoi immédiat. à ne verser aucun acompte aux grévistes, ce qui fut fait. Qµant au gouvernement, il n'eut pas une attitude moins énergique que les exploitants. il montre clairement son intention de prévenir avec vigueur toute agitation, et - conclut M.Natorp -les grévistes comprirent qu'ils ne pouvaient compter sur aucune sympathie d'aucun côté. Il semble donc qu'on en a fini avec la période des grèves. (1) Ce n'est pourtant pas si SLÎr; un facteur nouveau vient de se manifester qui influera puissamment sur les événements dans le champ clos des conflits économiques: la Fédération illlemalio11ale des ouvriers mineurs. Fondée à Paris en 1889, elle s'affirma en 1890 au congrès de Jolimont; elle vient de révéler sa puissance au Congrès inlernatiollal ( 1) Association catholique du 15 janvier 1891.

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