La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

680 L.\ Hf.\TE SOC'I.\LISTE ne donna pas un dollar. mais encore mit à l'index tout habitant de Spring-Valley qui avait secouru les mineurs. Quand les affamés forent réduits à point, la Compagnie imposa ses conditions: salaires réduits des trois quarts, destruction de l'union, et chaque ouvrier devant signer un libre contrat qui, pour le misérable salaire d'un peu plus d'un demi-dollar, le livrerait pieds et poings liés à la Compagnie. Epuisés et décimés par cinq mois d'une inénarrable misère, les mineurs durent se soumettre ; et les heureux spéculateurs se frottèrent les mains. ,< Toute l'affaire a été savamment conçue et brutalement exécutée. dit le conférencier cité plus haut. Et quels sont les gens qui profitent spécialement de ce pacte de famine? Un D. O. Mills, un W. K. Vanderbilt. un F. W. Vanderbilt, un M. Depene, etc. Leur agent principal est un certain W. E. Scott, dont la conduite, pendant toute la grève des millionnaires, a été si scandaleuse, que divers journaux n'ont pu se défendre de le clouer au pilori. Les jours et les nuits de ces gens-là devraient ètre troublés par plus d'esprits vengeurs que ne l'étaient les rêves d'une lady Macbeth ou d'un Richard Ill.>' Ainsi conclut le conférencier Penterost. Eux, des remords? Ces gens-là disent comme !'Anglais de Schopenhaüer ,,qu'une conscience coûte trop cher à nourrir.'> Et d'ailleurs, ne pourraient-ils ras répondre qu'ils n'ont fait qu'appliquer la théorie économiste la plus orthodoxe? La liberté, sans frein, d'exploiter son prochain pour qui dispose de capitaux qui lui manquent, n'est-ce pas la loi dont les économistes bourgeois sont les prophètes? N'est-ce pas cette loi de sang que, sous le beau nom de liberté de /ravail, les mêmes é..:onomistes et nos gouvernements bourgeois opposent aux socialistes demandant, au nom de la justice et de l'humanité, que l'Etat intervienne dans les rapports entre capitalistes et travailleurs pour protéger ces derniers, en attendant leur émancipation totale? Proud'hon disait vrai:« li y a raison suffisante de ré\-olution sociale au XIX• siècle. En effet, nulle espérance dans la situation présente d'échapper aux affameurs. Les Compagnies déjà individuellement toutes puissantes contre leurs ouvriers ne se contentent plus de se coaliser à l'occasion. l'heure des syndicats de monopoleurs a sonné. Voyez plutôt ce qui se passe, en Europe cette fois, el précisément en Allemagne. Malgré les grandes grèves de 1889, la production a dépassé, en cette année même, de 2 millions de tonnes celle de 1887. et de 2 millions encore, en 1890, celle de 1889. Cette surproduction, grâce aux syndicats de vente qui interdisent

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