La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES )!0:-iOPOLES 1,'~:TAT fut improvisée, que peuplèrent bientôt des milliers de travailleurs attirés par l'irrésbtible promesse de hauts salaires pendant de longues années. En moins de trois ans, nous apprend un conférencier socialiste M. Hugh Pentecost, en moins de trois ans, Spring-Valley comptait 50,000 habitants. On leur céda des lots de terrain et du bois de construction, à la condition que si l'acquéreur n'avait pa~ réglé à temps ses paiements mensuels, le terrain ferait retour à la Compagnie qui, en aucun cas, ne tiendrait compte des sommes déjà versées, quand même il ne manquerait que peu de chose au montant de la dette. La Compagnie ne prenait pas l'engagement de signifier ces clauses aux concessionnaires; les actes n'étaient pas dùment enregistrés. les livres seuls de la Compagnie en faisaient foi, et la propriété de l'acheteur n'ayant aucune sanction légale, il n'avait pas même la ressource de pouvoir recourir à la justice! Les affaires étaient des plus florissantes, la vente des terrains produisait des sommes considérables, les maisons semblaient surgir du sol, les transactions prenaient une grande importance; le moment était arrivé pour la Compagnie de réveiller de leur confiante sécurité les 5,ooo travailleurs dont l'existence dépendait du succès de cette entreprise, et. pour commencer ces machiavéliques manœuvres, on commença par réduire les salaires de deux dollars à un dollar ; puis, tout d'un coup. on annonça qu'une partie de la mine allait être fermée et que les mineurs n'avaient qu'à remporter leurs outils. Cela à l'entrée de l'hiver. On avait déjà la gène; ce fot la famine absolue, d'autant plus que les mines étant fermée~, la Compagnie ferma aussi ses magasins de provisions. où, dans les premiers temps de haut salaire, on vendait à crédit pour reprendre (par le Trucli s_ysfl'l/1), ce que l'on donnait en salaire. Naturellement. les mineurs, ainsi jetés sur le pavé. ne purent continuer à payer les mensualités qu'en vertu des conditions léonines, que dans un but de rapine préméditée, leur avait imposés les dévorants de la société des cbe111i1d1esfer Nord-Occidmtal de la Co111pag1d1eies Cbarbousde Spri11gValley et de la compagnie de 'Toso11Séde qui, pour cette belle œuvre, étaient représentées par les mêmes filous. Ceux-ci n'eurent donc qu'à reprendre. aux trop confiants travailleurs, le sol et les maisons si péniblement bâties, ce qu'ils firent. Avec de tels procédés, il suffit de quelques jours pour que la population fùt en proie à la plus atroce famine. La presse libre protesta, mais les affameurs persistèrent, et bientôt ce ne furent plus que des scènes de désespoir et de morts; les maladies quintuplèrent, et l'on vit des choses rappelant les plus sombres jours de disette du moyen-âge. Des secours arrivent insuffisants. La Compagnie, non-seulement

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