La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES ~lOXOPOLES D 'i'.;n T ûîi 1. L'aérage des mines, cette partie capitale de l'exploitation de la houille. 2. Le perfectionnement des lampes de sùreté. 3. La recherche d'instruments pouvant indiquer la présence du grisou même en petite quantité. 4. La mise en communication des houillères avec l'Observatoire, l'établissement des stations météorologiques. 5. L'enlèvement des poussières de charbons, l'arrosage des galeries. 6. La mise en activité en outre d'un bon aérage des mines, d'ou• vertures partant des galeries à la surface et pouvant opérer un échappement continuel du grisou, à mesure qu'il se forme aux plafonds des galeries. 7. Le retrait des machines à une certaine distance des puits d'extraction. 8. La surveillance rigoureu,e des travaux, et enfin, l'établissement d'expériences continuelles sur les causes des accidents et des moyens propres à les écarter. ( 1) Mais ces mesures qui seraient préservatrices des vies humaines que la mine dévore par centaines avec une effrayante périodicité (2) diminueraient de quelques francs les scandaleux dividendes des actionnaires et les hommes d'argent auxquels la loi de 1810 a livré nos richesses minières ne se prcioccupent que de grossir les dividendes et lo.vie des travailleurs est sacrifiée. Notez bien que ce qui est vrai du grisou l'est de tous les autres facteurs d'accidents. On pourrait, par exemple, diminuer la fréquence des éboulements en substituant aux étais en bois des pilliers en fonte ; on ne fait rien, on veut éviter une dépense. A la mème avidité inhumaine est due la défectuosité croissante des remblais. Les fonctionnaires de la mine, alléchés par des primes, économisent sans cesse sur les travaux de préservation et les accidents se multiplient. Les ouvriers mineurs demandent que les chefs mineurs soient pris parmi des hommes pratiques et compétents. et qui 11ebé11éjicie1e1nt (,) Louis Bertrand : Opera ci/a/.z .- E.Vaughan : 'Des III0J·e11s de prive11ir lts exp!osùms dt griso11, dans le Drfonilcur Indus/rie/ du 1 • mai 1879. {2) Il serait impossible de faire un compte exact des accidents dont sont victin:es les ouvriers des nlines. De ternps en temps, les Journaux nous apportent J'écho d'une explosion où les ouvriers ont laissé la vie par dizaines. Ces hécatombes, qui seraient facilement évitables, ne font jamais traduire leurs auteurs réels devant les tribunaux. Elles ne sont rien, si terribles qu·elles paraissent, à côté de la décimation permanente, régulière, quotidienne, dont est frappée la population minière. La presse ne mentionne pas les mille accidents qui ne tuent ou ne 1nutilent qu'un ou deux hommes à la fois, et naturellement les Compagnies se gardent bien d'en parler. (G. Stell: Dolla11resdeJ mineursfrattçais).

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