1,ES ~IOXOPOLES D'ÉTAT 601 diquer en faveur des propriétaires de la surface ; d'où procès sans fin entre les propriétaires et les concessionm,ires. Cependant les abus du bon plaisir royal continuaient. Un arrêt du Conseil du 17 avril 177 J avait accordé au sieur Tubeuf l'exploitation exclusive, pendant 30 ans, de toutes les mines de charbon découvertes ou à découvrir aux environs d' Alais et de Saint-Ambroix, et dans toute l'étendue des terrains situés entre le Pont-Saint-Esprit. Uzès, Anduze, Villefort, Aubenas et Viviers, Malgré la protestation des Etats de Languedoc, une lettre d'aft.1cbe de l'intendant rendit cet arrèt exécutoire, et dès 1775, Tubeuf évinçait de leurs exploitations plus de vingt propriétaires ou fermiers, faisait clore leurs ouvertures à chaux et à sable, et triplait le prix des charbons dans la région. Les chaufourniers furent réduits à faire grève. En vain le; habitants d' Alais firent valoir d'anciens titres confirmés par le pouvoir royal. et dont l'un fixait pour eux le prix du charbon à 2 sous 6 deniers par charge de mulet. Tubeuf expulsa ensuite les propriétaires anciens de laGrand-Combe, les sieurs Deleuze, de Trouillas et de Villaret. C'est ce que nous apprend le procès-verbal des Etats, en date du 3 janvier 1 778 : ,< La prétention de M. Tubeuf, y est-il dit. tend à s'attribuer les fruits de plus de 400 ans de travail, à rendre inutiles les dépenses faites par la province - pour la recherche et la sécurité des mines - à jouir seul des avantages qu'elle avait voulu procurer à tous, à détruire cette liberté et cette concurrence qui assure l'abondance et la modicité des prix.» Dans le Forez,Louis XIV avait concédé au marquis d'Osmond les houillères de Roche-la-Molière et de Firminy dont l'étendue embrassait quatre lieues carrées. L'assemblée provinciale du Lyonnais, présidée par l'archevêque de Lyon (de Montazet), protesta contre cette concession. La commission intermédiaire de cette assemblée, qui tint ses séances jusqu'à la formation du département de Rhone-et-Loire, « s'éleva contre le principe même de la concession, comme contraire au droit de propriété et comme devant faire renchérir le charbon de terre.» (1) • A cette époque Decazeville n'était représenté que par une grange; mais les mines voisines de Cransac, Fermy, etc., étaient le théâtre des troubles renaissants par suite du conflit entre les habitants usagers et les concessionnaires du roi. Ces derniers furent vaincus, les mines furent de nouveau abandonnées au peuple qui les avoisinait. On se contenta d'en tirer ce qu'il fallait pour la consommation et on n'en vendait qu'en très petite quantité. L'assemblée provinciale intervint alors fort sagement. Elle :lisait dans un ?{apport au Roi: « Les mines de Cransac sont d'autant plus (1) L. de Lavergne: Les Asscmb/ies pr01Ji11cia/seosusLouis XJ/1.
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