La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES :IIONOPOLES D'ÉTAT 659 LESMONOPOLDE'SÉTAT (suite et fi11) IV L'ALIÉNATIO:\' DES :IIINE!" « C'est le despotisme qui est récent et non la liberté; la liberté est ancienne», affirmait Mm•de Staël, à un courtisan de Bonaparte. Nous pouvons dire, appliquant cette phrase à notre sujet: c'est l'aliénation par voie de concession perpétuelle des mines aux compagnies financières qui est récente ; ce qui est ancien c'est la conception du caractère social de la propriété minière, propriété que Bonaparte - toujours lui - n'a aliéné, au grand détriment de •l'intérêt public, qu'au mépris des plus anciennes traditions de l'Etat et aussi de la jurisprudence révolutionnaire en cette matière. Dans la cité athénienne, les mines d'argent du Laurium, et les mines d'or de l'ile Tha~os et de Scopte Hyle étaient exploitées directement par l'administration gouvernementale. A Rome, la plupart des mines étaient également exploitées en régie; celles concédées ne l'étaient que temporairement et moyennant redevance. Dans l'ancien droit allemand, l'Etat avait la haute main sur l'exploitation des mines. Les propriétaires des mines, nous apprend Je professeur Menge!, étaient tenus de soumettre à l'approbation de l'autorité, leurs plans de règlement de travail. Les pouvoirs publics en contrôlaient l'application par des inspecteurs spéciaux. On avait les assurances contre les accidents et les maladies ; les premières à la charge des propriétaires, les secondes, plus particulièrement fondées sur les caisses des ouvriers mineurs (Knappscbaftsbasseu). ll y avait la journée normalede !mit /Jeures et Je repos dominical. Les salaires devaient être payés en numéraire et sans retenue aucune. Les autorités allaient jusqu'à fixer le taux d.s salaires. Les mineurs étaient organisés pour la

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