La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

658 L.I REVUE SOCIALISTE plus la renonciation dans l'abstrait, mais la possession des qualités sociales et le zèle pour un but social bien défini. Ainsi envisagée cette éthique peut, en un sens, êlre appelée absolue ; elle n'c l plus nahemcnt objrctivc comme celle du monde primitif où lïndividu était inconscient de tout intérêt à part de la communauté ; elle est encore moins naïvement subjective, l'atten Lionde lïndividu ayant cessé de se concentrer sur la mortification personnelle pour se diriger vers les larges voies de la vie sociale et du progrès. L"homme nouveau reconnaitra la voix du dernir soit pour agir, soit pour s'abstenir, uniquement dans les choses qui concerneront la société, toute action sans portée sociale directe lui étant moralement indifférente et dans cette nouvelle conception du devoir, lïndividu se soumettra, avec connaissance de cause, ù la communauté, cette fois communauté de principe et non de famille, non plus limitée par des frontières, mais cmbrassant le monde enticr. C'est ainsi que, dans la nouvelle Éthique, les deux Éthiques précédentes sont à la fois conservées et détruites; détruites pour ne jamais re1·enir, la naïveté et l'étroitesse de l'éthique patriarcale primitive, comme aussi l'individualisme égoïste qui lui a succédé. La séparation entre la morale, la politique et la religion est enfin abolie; dans le socialisme l'éthique devient politique, la politique devient éthique pendant que la religion n'est autre chose quc l'expression élevée du sens moral de devoir et de paternité qui est le lien suprême de la société, et cependant tout ce qu'il y avait de vital aux deux périodes précédentes de la conscience morale sera consP.rvédans celle-ci : le but social de la première, la précision consciente de la seconde. BELFORT-BAX. (Traduction française de M. C.)

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