La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L.\ REITE SOCI.\LISTE (•xernple, celui d'une mort immédiate arcepl(•c délibérément pour Je triomphe d'une cause dont l'indiYidu ne tirera aucun aYanlag-<',mais le principe reste le mèmc dans tous les cas où le plaisir, lïntérèt et la conYenancc personnelles sont sacrifiés a des r<'.•snltatsdont on ne bénéficiera pas soi-même; la forme de lïntfrêt p<'rsonnel n'est pascomplètement abolie ici C't lïndiridu ne se sacrifie pas aussi complètement que dans l'exemple précédent, cependant il fait abandon de son intérêt individuel et sa manière d'agir proclame l'insuffisance de l'individualisme exclusif. L'homme qui sincèrement, sans aucun avantage personnel en vu(' travaille pour la cause sociale, admet tacitement de ce fait mèmc l'insufllsance de sa personne à être sa propre fin, et ceci nous ramène à notre point de d{•part en même temps qu'à la conclusion de celte étude. l'ious aYOnsvu tout d'abord que le sens du âevoir de la cc consci<'ncc>>,de l'impulsion morale, du sens moral, du sentiment moral de quelqnc nom qn'on l'app<'lle, n'est autre chose que le sentiment implicite ou eJ'plicite rle l'ùisu(llsrmce âe l'inâi1•iclu et cle ses inlùèts à lui se,Ti,· rle /)I{/. Cc sentiment èst supposé exister dans toute société humaine, mais ses manifestations extérieures comme son objet sont soumis aux conditions de l'évolution sociale <'t économique. A l'origine, c·est dans la tribu qu'est renfermé le dcYOir, et l'individu ill1plicileme11t conscient de son insuffisance s'absorbe dans la société parentale, n'a ni souci, ni existence en dehors d'elle. Au point de vue socialiste, c'est la plus haute morale qui aiL en cours dans le monde; mais, avec la dissolution de la société patriarchale primitive sur sa base familial<', aYec le dé1·cloppement de la société politique sur la base de la propriété, l'ancien but moral perdit peu à pe11sa raison d'être. lleYC'nn CJ'J)licitement conscient de sa propre insuffi~a11cc, l'homme chercha à résoudre la contradiction et à satisfaire soB senliment intime, soit en tournant son attention sur lni-mt'me, a1·ec le but avoué de prendre son intérêt propre pour fin, (Cyniqu<'s, Cyrénaïques, premiers stoïciens et épicurien,), soit en cherchant un idêal extra-individuel, mais aussi exira•humain (derniers stoïciens, néo-platoniciens, gnostiques et chrétiens); ainsi dans les deux cas l'homme n<.:voyait plus son but dans la société, mais <'n lui-même, considéré au point de vue naturel ou au point de vue spirituel. De là naquirent les deux systèmes <l'Ethique individualiste qui, tout en ayant passé par bien des modifications d'aspect, sont restés les mêmes au fond; <'t nons avons d'un cùlé l'i~thiquc épicurienne de<<l'intérêt p0rso11neléclairé>>,de l'antre !'Éthique stoïco-chrétiennc de la sainteté et de la l'Orruption

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