La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L.\ XOIJVELLE !iTIIIQt:E socialrs et objecth·es !>eraprorlnnt immédiatrmrnt au miliru social, plulc'it que ces \'ertus individurlles et subjccth·es qui se rapportent il la personnalité. L'ouuier n'a pas le temp~, il vous lP dira gént'.•1·alement,de -,·rmbarrassPr de « son àme », il laisse ce souci il lï1omnw inocc1qé. (1) La morale inlrosprclive déclin<'donc rn raison directe dela dissolulion par la penséemodrrne de sa Yieille base idt•olog-ique. Tandis que les classes laborieusrs 011!, pour la plupart C'taulant qu'C'llrs ont le lPmpsd'n,enser,franclwmrnt mis <lr roté la vieil le lhéolog-i,•, les cla::.srsmoyennes sr :;ont én•rluées ;'t trou,·er un compromis pas~ablequi lrur permdlr d'é\'iler une rupture ou- ,·ertr a,·rc la tradition religieuse>. Qur cependant il soit pos~ible it la morale>in trosprcti ve dr sun·i vre ùsa base.;péculati vr,le Posit i Yisme l'a prou,·é lui qui, tout en rrjetant les données théologiqurs. g-:mle pourtant n::thique intérieurl' dr J'Individualisme clm'.·Lirn dans !'a forme>la plus accentuée. rt au point d'ériger en brt•YiairP de <ll•votion, l'J,11itation rlf' Jésus-Cll,·ist. Quant ù l'autre fo1•med(' l'J'•:thique indi\·idualiste, ù l'iJ1fù[,t Jif'1'so1111el iclr1i,·1:, cet E1icurisme desdrrnirrs jour,;, celui-là romme son prt'.•cursrur du monde classiqnr, rst e>'senliellcment la formule éthique du \'C'ntre plrin et de la bour,;e birn garnir.<, L'intfrd ))f'1'S01111('{ » au point de vur de J'ouuier pourrait l'amener ù YiLl<'rla caisse de ~onpatron, l'occasion s·rn pré,;rntant, ou lout au moins ,l mt•nagrr ses forces rn donnant le moins <le traYail possible rn retour du salaire> hahiturl ; mais c(']a, d'après les apôtres dr la thforie, ne serait pas« ël'lni,•1: ». Il'un autre cùté, « Ir-; lumièrrs >,au sensbom·grois du mot. conduiraient J'oun-ier (voir les Sf','mo11s la ù111es <lnprof es'eu r lf nx lry) ù mourir de faim plutot qu'.'t toacher au birn d'autrui. :'.lai,; cet ade. si « t'.•clairé » quïl fut, ne serait alors p!I~du tout conforme à « l'intt'.•n\t personnel .t de rou,Tic>r. Aus,-i, dans J'Ernngilc de « lïntérèt prrsonnel l'.•clairé» le travaillrur est-il complètrment mis de coté. c·rst la moralr sociale objecti\'e dont nous voyons le:: germes mème dans lrs classes ouvrières d'aujourrl'hui, quand ellrs no sont pas Cl>mplétementabruties par leurs misérables conditions d'existence>;c·l'st cette morale, Mjù élevée ù un plan supérirnr, qui rst drstinée à devenir la basede la rrligion du socialisme, religion qui consiste dans le sentiment dr la solidarité de l'ètre ( 1) Cette appl'~ciation, conforme à la doctrine marxiste, est certainement forcée et contraire Il. la réalité des faits; le prolétaire militant qui combat pou!' la justice sodale, s'améliore lui-mfme et a un haut idêal moral. C'est le calomnier que de le pt•étcn<lrc indifférent à toute morale personnelle; s'il était tel il ne corubattrait pas pou!' une socièté meilleure. (Note du T,·aductcu,· .)

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