L.\ XOU\'ELLF. ÉTIIIQUF. 610 trait(' d('Sprofondeurs mystéri('USC'$de la couscience individuel le. ~lais cette /!'l'ande roule d(' Jajusliticalio11 morale ne ~alisfit pas la nou,·ellc éthique individualiste: on dfolara que la /!'rande roule conduisait à la 1wrdilion, et chacun fut obligé d'aller à son but moral par l('s sentiers étroits, tortueux et inextricabl('s de la c:urnistique ('l de l'examen inléri('ur. Yoic (•lr·oitc dn Christ ou S('nlirr ù huit Yoirs du dcrnir bouddhiste. La caraclt•risliqn(' <lece mouYemerit était l'aboi ilion dt'•finilh·e de la morale parcntaic. La relation morale étant toute person - nelle entre Lim(' in<lh·iduellc et la divinité qui par lit sert•nilait, il est clair que les Yieill('s notions bornées de tribu, cl(' gr('C ou de barbare, d'homm(' libre ou d'esrla Y(', arni('nt perdu l('ur signification. J)('mpire romain avait d.'.•trnit lïmporlance ancienne de ('('S distinctions et il fut désormais évid('rit que le barbare et l'PsclaY(' m1\me,(\('rnient comme personnalitl'.•étrr t'•gaux dernnt DiPu ,l lï10mm(' <le:-;angnoble ou au citoyen libre, pourvu quïls allt•ignissentùcC'lle sainll•téù laquelll' toutHre humain pouvait al'l'i1·er. Tous les hommrs d1'Y('1iairnt donc <'•gaux,\ rr poinl<le \'U('SUpt'.•rieur, puisque chaqu(' •<leslim'.•creposait sur le mt'.•rilc p('rsonnel, la Yalcur <l'un hornm(' ne se Ill('Surant plus à celle de sa race, mais <le sa per:;onnalité; il e:5t certain que la pui~sancc suprl\rne dr l'nniYers ne pouvait aroir égard aux distinctions de tribus chez l<•shommrs, mais s('ulcm('nt;\J't'.•l.'.•mentspiritu('l qui, dans chaque in<lil'idu, i•tait an-<l('~sus cl(' par('illcs distinctions. Alors, enfin, dans la notion <l'un Dien transcendant et pourtant immanent, fut trouvcc la fin dr l'homm(', de l'homme indiYiducl, le seul que l'on comprit désormais; en Diëu, lïnJividu découYl'it le p('rf('ctionneme11t qui lui manquait comme èlrc in<lt•pendant; Ir dcYoirau srns humain du mot, fut tout au plus une condition prescrite par Dieu pour arri\·er ,l la sainteté indiYi<luellc. Le point crncial de cette éthiqu(' théologique ou mysliqnec·est que, tout en reconnaissant lïncompalibililé de la forme et du conte11ude l'individu (en d'autres termes son insuffisanc(' en S()i) comme le fait fondamental du sentiment moral et religieux, clic cherche it reml'.•<lier à cetl(' incompatibilité. ù résoudre celte contradiction pe,· sallu,,1, romme nous l'avons déjA fait rqnrnrquer. Elle Yoit bien que lïndiYidu ne peut être son propre but, mais cc but elle cherche ù le dfrouvrir à l'aide d'une baguette magique qui climinc cnlièr('ment le monde concrrt. Ayant ainsi simplitié les cho es en faisant disparaitre le monde rcel, le sentiment éthiq uc s'attache à créer un monde idéal de relations abstraites dans lesquelles il trou,·c satisfaction. Il ne faudrait pas
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