La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

ül8 L.\ RE\'t::E SOCIALISTE Cela s·oxpliquo; depuis bien longtemps déjà l'homme avait commencé à réfléchir, et par la réflexion, était arrivé à séparer non seulement sa propre personne de la société et do !'[·tendue do l'univers, mais aussi son moi pensant de son moi corporel, et lo sentiment do l'importance do ces distinctions croissait en lui ions les jours. Dos profondeurs do son examen, en mèrne temps quo do l'impuissance de la morale orthodoxe officielle du temps à le satisfaire, surgit ce qui lui parut une solution à l'énigme et un objet à son sentiment moral. L'univers matériel n'était-il pas comme lo corps do l'homme, la manifestation extérieure <l'une àmo ou d'une personnalité, et cette personnalité, onchàsséo dans le corps do l'univers, n'était-elle pas une reproduction immense de la personnalité enchàsséo dans son propre corps? ··on était-elle pas à la fois et la source ot la fin? L'homme, faible reflet de la divinité, avait pour objet pour se préparot· à la réunion définitive à cette même divinité, l'accompfüsoment do sa Yolonté souveraine. Quant au devoir envers le prochain il pouvait., il est vrai, faire partie do l'ordre do choses divin; la conscience aussi pouvait être une étincelle de la flamme divine, mais la dernière et suprèmc sanction de la morale était toujou:-s la volonté de Dieu ; le but étant non les rapportA entre l'individu et la société, rapports accidentels et accessoires, mais los relations entre son moi et la divinité, et cc n'est qu'en examinant soigneusement son propre cœur, on rentrant longuement en lui-même, que l'homme pouvait arriver à connaitre la volonté dh·ine. Le premier, le plus important objet de la morale était de purifier son moi supérieur de la grossière souillure des désirs matériels. Il <lovait soumettre et dompter son moi inférieur, Je plus grand obstacle à sa perfection, son corps dont son âme était indépendante de même quc la divinité était rssentielloment indépendante de l'univers physique; ainsi. l'action morale aboutit ù. la négation de tout désir matériel, èl l'ascétisme. C'est à cc moment Jo l'évolution du sentiment moral, évolution que nous venons d'exposer dans ses points typiques, que remontent les conceptions do sainteté et de péché avec leurs conséquences, et le christianisme est la plus haute et la plus complète expression de cette phase, quoiqu'elle soit également comprise dans ses traits principaux dans toutes.les grandes religions dites t'.•Lhiuqos ainsi quo dans ces dernières ph ilosophios et théosophies du :.\!ondepaïen quo le christianisme détruisit. La voie de l'ancienne morale sociale était large et claire; la connaissance du devoir n'était point laborieusement tirée d'une croyance, ni cn•vc1oppéo dans des propositions abstraites; clic n'avait pas ù. être ex-

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