La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

612 LA REVUE SOCIALISTE relations de l'àmr aYec sa sourcr divine, tandis que les relations rlcs mèmes lois morales avrc la société sont purement accidentelles. On mit donc qur les deux théories reconnues, - la théorie spiritualiste et la théorie matérialiste ordinaires, - donnent (•gaiement pour fin à la morale, lïndiYidu. L'Ethique théologique trouve son critérium et son but dans la « pureté 'l, « l"humilité ll de lïndi ddu, et son « aspiration vers Dieu ll; l"Ethique empirique le Yoit dans !"accomplissement par l'individu envers les autres hommes. des devoirs que· comporte leur existence en société et dans le respect des droits de tous; lïntérêt persol)nel est donc la dominante des deux systèmes. En effet, tandis que la théorie théologique ou métaphysique s·occupc de <( Lime ll, lïndividu se vouant à la recherche constante du bien de cette (< àme ll qui n·est autre que son moi diYinisé, le système empirique ou utilitaire exalte l'intérêt personnel qui, pour lui, est le mobile suprême de tous les actes humains. Dans cette dernière conception, le problème consiste à tirer de cc mobile personnel une morale qui s'harmonise avec l'intérêt social. Xous voyons donc que, ainsi que nous l'avons déjù.dit, ces deux théories r,onsidèrent l'éthique comme dernnt être traitée à part de toute synthèse concrète de la nature humaine et il était impossible qu'il en fùt autrement, étant donné qu"elles négligent de prendre en considération l'ensemble de l'évolution. Cependant on ne ra pas entièrement omise, puisque Auguste Comte et Herbert Spencer, quoique partant de systèmes empiriques, ont tous deux essayé d'extraire la morale de l'évolution sociale, mais c'est précisément leur méthode empirique qui les a empêché d"y parvenir. La simple observation des phénomènes de la conscience, l'effort tenté de les mettre d"accord avec cette affirmation a pl'iori que l'antagonisme de lïntérét particulier et de l'intérêt social est irrévocable et que la moralP. aura toujours à tenter de les concilier. Cette manière de voir, disons-nous, ne peut ètrc qu'étroitc et fallacieuse. A ces désavantages, Augnslc Comte joint encore celui de vouloir réunir à tout prix le courant éthiq uc utilitaire aux débris de la viei lie éthiq uc théologiq uc introspecti\'e. Pour tout dire, ni !"un ni l'autre des drux <'.•crivain~ en question n'a réussi à faire avancer la diséus~ion. C'est que, avant tont, pour arriver à une vun exacte du sujrt, il faut nous débarrasser de cette notion préconçue que la société n'est, Cil dernier ressort, qu'une aggrégation dïndividus; qu'entre la communauté et cet individu .l'antagonisme, -

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