La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L.\ XOl'\"ELLE 1h111Qt;E 611 LANOUVELLE ÉTHIQUE Il y a probablement peu de sujet sur lesquels philos ophes et liltémteurs aient plus souYent disserté que sur l a signification cl les ba;,cs<le l"éthiqu<'. :\Iais dans tout ce qui a l'.•tédiL à cesujet, on csttoujours parti <leceprincipe que !"obligat ion morale dernit èlre <'nvi ·agl'.·eisolém<'rit et sépar{•epar suite d e !"ensemble complexe de la nature humain<'. c·cst ainsi que le s sanctions de la consciC'nC<'ont ét(• tantôt considén'.·escomme su rnaturelles C't absolu<'s, tantôt enYisagt•<'scomm<' de simples p hénomènes du srntiment moral. Le premier de ces deux principaux point,, de Yue es t celui des vieilles i•coles mélaph_rsiques et des écrh•ains modernes semi-théologiques qui s·y rclirnt plus ou moins. Au second se rattachent les rmpiriqucs modernes qui, en ceci co mme dans tout le rl'ste, croie11tavoir étudié ù fo11du11sujet quand ils n·ont fait que décrire ses manif<'slalions cxtérieur<'s. Po ur l'une et raulre de <'t's l'.•coles,la morale a pour aboutissant lïndiviclu; !"homme virant en société a,rant, <lans on propr e i11lén:•L, reeonnu là nt'•cessitéde s·astreindre ii certains dc,·oirs CnYers les autres à condition - la chose est sous-entendue, - q uïl.' agi-- sent de même ù son égard. Telle est la ba·e éthique du contrat social dont la théorie a pri•rnlu de Bacon, Hobbes e t Locke, à Bentham, ~lill, et aux autres r<'préscntants de l'Ecole anglaise. Dans cette théorie, la société est ·considëréecomme u ne aggrégation dïndividus, et la moralr e t réduite à un e question d'utilité personnell<', car c'est bien ù C<'la, en dépit des prolpstations contraires, q11·e1leaboutit nécessairement. Quant à l'école métaphysiqu<', théologique ou mystiq11<',comme on voudra l'appeler, die n·est pas moins inclividualistr qu e !"autre. I>"après la théorie métaphysique, en effet, les lois morales sont éternelles !}t absolues, puisqu'elles ont pour objet pr incipal les Il

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