LES COOPÉRATIO:--S OUVRIÈRES 59 Sans contester les faits, nous nous bornerons à répondre que les quelques sociétés de production qui subsistent n'ont pu survivre qu'en se pliant aux circonstances prédominantes de la production capitaliste et en se transformant, en cITet, en petites sociétés de patronat en nom collectif. Voilà qui est généralement reconnu; des praticiens philanthropes ont tenté de toumer la difficulté par la Parlicipnlion aux bénéfices, dont l'idée première appartient à Fourier. Ici, rien d'impossible si les patrons voulaient; mais ils ne veulent pas, en dépit des appels qui leur ont été faits par l'école phalanstérienne, par Constantin Pecqueur (1), par François Vidal(::!) et aussi par des économi tes progressistes comme \Volowski, Michel Chevalier, Charles Robert, E. Levasseur, par ce vaillant journaliste de la coopération pari:;ienne q11ia nom Abel Davaud; malgré les suggestions d'un organisateur de la valeur d'André Godin, le fondateur du Familistère de Guise, et de recommandables industriels comme Bord, Boilley, Steinheil cl bien d'autres, la participation aux bénéfices n'a gagné à sa cause dans notre pays que 81 maisons (3). A l'étranger la proportion est bien plus faible. Nous n'avons que 13'Lmaisons pour dix nations (i). Encore nou faut-il ajouter que si peu nombreux sont les exemples de participation aux bénéfices, fort imparfaits par surcroît ils sont généralement. Dans la plupart des cas, il ne s'agit que de primes rapidement dans l'égoîsme et le particularisme dès qu'il s'enrichit; ,1uant à 11, masse, elle ne reçoit rien de plus, ni salaire élci,·é, ni traitement bienveillant et émancipateur. (Foi.;omoi.;ssE, dans la Ré/orme sociale <le 1886.) (1) C. PECQUEUR, Économie $0Ciale (1838). (2) F. YrnAL, Viore eri t,,aoaillant (1848). (3) Les quatre-vingt-une maisons françaises qui pratiquent la participation se répartissent <lela manière suivante sur le territoire : Département de la Seine ..... <lu Hhône.... .. . . . . ....... .. de la Seine-Inférieure ........................... . 40 maisons. 5 5 de la Gironde.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Les trois départements de Seine-et-Oise, <les Vosge~ et du Doubs, chacun deux, ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . G Les douze départements de l'Aisne, <le la Charente, <lu Cher, de la Corrèze, du Finistère, du Gard, d'Indre-et-Loire, du Nord, de l'Orne, de la Marne, des Ardennes et <lel'Eure, chacun une maison, ensemble .... •.................................... . . 12 Total, 19 départements et.................................. -8l_m_a_is-on-s. (Abel DAVAUD, Moniteur de, 1yn.dicat1 ouorier,, juillet 1890.) (4) Voici le décompte: Allemagne, 21 maisons; Angleterre, 42; Belgique, 3; Etats-Unis, 40; Hollande, 4; Italie, 4; Portugal, l; Russie, 1; Scandinavie, 4; Suisse, 14.
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