60 LA REVUE SOCIALISTE accordées aux ouvriers à certaines conditions, qui fort souvent sont résolutoires de par la volonté du patron. Quelques exemples. Dans la fonderie créée par M. Piat, une caisse de retraite alimenlée par les ouvriers assure 180 francs de retraite à 60 ans d'âge. La maison complète jusqu'à 360 fra.ncs, mais seulement pour ceua, qui ont t,•acaillé 20 ans dans ses ateliers en une ou plusieurs fois. Chez Pleycl-\Volf et C•, la maison ne fait pas de retenue sur les salaires, et accorde 365 francs de pension après 30 ans de seroicc. La maison Ilachctte n'a créé aucune institution particulière de prévoyance; mais, comme encouragement, cha'l_uc fois qu'un employé verse 10 francs à la Caisse nationale des retraites, elle ajoute 5 francs affectés au m~me usage. La Compagnie du Gaz ne fait pas de retenue, elle a constitué une importante annuité, pour assurer de~ retraites à ses employés. La maison Christoph le distribue dos livrets de Caisse d'épargne de 150francs, qui reçoivent des additions successives, ap,·ès ce,·taines périodes de p,·ésence. Inutile de multiplier davantage les ci talions, disons seulement que sur los 50 maisons, ou à peu près, qui ont étallli à Paris différents systèmes de caisses de secours ou de retraites, il n'y en a pas deux qui aient une organisation identique. JI est déplorable qu'une question aussi importante n'ait pas encore trouvé une organisation CJ.Uliui permette de multiplier la valeur des résultats par la concentration des efforts individuels. Si maintenant on passe aux établissements qui ont franchement accepté 1~ participation, on retrouve encore la même diversité d'application. - Les uns distribuent à leur personnel 10 pour 100, los autres 15, 20 ou 25 pour 100 des bénéfiees; mais sur quelles raison~ spéciales ~st basée cette proporlionnalité, rien ne !"indique, et il est vraisemblable qu'elle n'a d'autre origine que le bon vouloir primitif du fondateur (1). Dans la maison Bord, le fabricant de pianos, les bénéfices sont distribués entre le capital et le travail dans la propol'tion représentée par les intérêts payés au capital d'une part et par le chiITre <lessalaires d'autre part. C'est là une proportion fort mobile et qui est à la merci d'un accroissement des capitaux fixes. D'après le même principe, la maison Paul Du.pont distribue aux ouvrie11sau pro1·ata des salaires 10 0/0 de~ bénéfices. Dans la maison Chaix et Ci•, la répartition est de 15 0/0 des bénéfices nets à ses 870 participants; elle est seulement de 5 0/0, dans la maison Barbas, Tossart et Bolas. Plus démocratiquement organisée est la vieille maison en participation Deberny, aujourd'hui Tuleu et C'", où la participation fut décidée le 24 février 1&'18sous le coup de la révolution qui venait d'éclater. En 1868, nous dit Abel Davaud, le règlement intérieur comportait une habitude sûrement exceptionnelle et qui révolterait la plupart 11)Paul Bo1LLEY, les Sociétés de participation (Reoue socialiste, 1888).
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