La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L'OPÉH.\ G,9 ou de 100,000 francs que touchent certaines étoiles agréables aux abonnés; et profite1· de cette économie pour payer plus libéralement l'ensemble des employés. Il peut encore se retirer, et construire à ses frais un opéra privé, qu'il aura le plaisir de louer, si cela lui convient, à un seul spectateur. Mais j'aYouc que la chose est dure. Dans cc cas peu probable, l'État subventionnerait tout simplement l'ensemble des acteurs et des employés <ln théâtre. En attendant que le socialisme ait revêtu sa forme définitive, nous lem· confierions un capital, dont ils nous payeraient les intérêts en plaisirs élevés et en ... cahier des charges républicain I Aux rninew·s la mine, aux acteiœs le théât1·e. Cela vaudra toujours mieux que d'enrichir les accapareurs. Demandez plutôt à Zola 1 Malheureusement M. Bertrand ne renoncera pas à son privilège; il gardera ses abonnés, ses gros actionnaires, ses étoiles de douzième grandeur. En compensation, il daignera nous offrir quelques représentations gratuites et à bas prix, sur des banquettes spéciales, sous un éclairage douteux, avec le menu fretin de sa troupe, qui aura le droit de faire des couacs ce jour-là; et la corvée sera terminée, et le cahier des charges sera rempli! On désinfectera la salle, et le lendemain le temple d'Apollon produira, clans une apothéose de lumière, les gorges effondrées des douairières de la haute, qui, pàmées d'aise se pencheront langoureusement sur les crt\nes dénudés de messieurs les actionnaires; pendant que l'excellent orchestre de Colonne les transportera tous au septième ciel. Puissent-ils s'y trou·,er en compagnie selecte et n'en jamais revenir. GERVAISE.

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