LE CO)IMUNISME EN AMtnlQUE 595 On commença par me servir mes repas dans ma chambre, mais au bout de quelques jours je fus inYité à entreprendre l'œuvre de régénération et à me préparer à la confession, afin de pou\·oii· entrer en communication libre avec le reste des Frères. Ayant déclaré que j'étais prêt, je fus conduit dans une chambre spéciale pour l'aveu <les péchés, et je racontai avec brièveté toute l'histoire de ma vie. L'Elder parut en être content, et il me dit que ma conduite n'avait pas été bien mauvaise. - C'est vrai, lui répondis-je, elle n'abonde pas en actes criminels ou dépravés. - '.\fais le vieillard essaya de m'eITrayer, alin Je s'assurer que je ne le trompais pas, en m'af!irmant que les individus qui n'avaient pas fait une confession complète de leurs transgressions ne pouvaient se trouver en paix avc0 leur conscience juscju'à cc quïls vinssent révélc1· ce qu'ils avaient tenu caché. Il me dit, de plus, qu'aucune personne vicieuse ne pouvait rester longtemps parmi les Shakers sans ètre reconnue pour telle. J'eus l'indiscrétion de lui demander comment se faisait cette découverte. Il me conduisit à une fenêtre et me montra i(l'horizon les endroits où la Mère Anne avait placé quatre anges pour veiller sur ses enfants, et les messagers celcstes ne manquaient jamais de faire connaître aux: anciens les actes répréhensibles et ceux qui s·cn rendaient coupables. - « '.\fais, ajouta-t-il, vous ne pouvez pas encore comprendre ces choses-là, ni même les croire, car Yous n'avçz pas la foi suffisante. - Je ne vois pas les anges! lui dis-je. - Xi moi, r('prit-il; je ne les vois pas avec les yeux: charnels; mais je les vois avec l'œil de la foi. Travaillez à avoir la foi, et s'il se rencontre dans votre esprit quelq0ue doute 011 répugnance à croire, venez me communiquer vos objections et gardez-Yousde les exprimer en présence de vos autre;; Frères. » L'Elder me mit ensuite sur les yeux une paire de lunettes spirituelles, en or - dit-il, pour me faire voir les objets hors de la portée des sens. Instinctivement, je me mis la main à mon visage comme pour les tàter, ce qni fit sourire le bon vieux:, qui me dit: ccOh! vous ne les sentirez pas au toucher; mais ces lunettes ne vous incommoderont en rien et vous aideront à voir les choses spirituelles. » Après cela, on m'autorisa à manger avec la famille et à assister aux meetings d'amour. Parfaite liberté m'était laissée <lequitter le village quand bon me semblerait, mais je reçus en même temps l'avis que dans ce cas je n'obtiendrais aucun salaire pour mes serYices ou mon travail. Quant à la nourriture, aux vêtements et au logis, on me mit d'emblée sur le même pied que tous les auti·es membres de la société. En rendant compte de la routine d'une journée, je donnerai une idée de toute la vie chez les Shakers. En été, on se lève à cinq heures; en hiver, à cinq et demie. En moins de dix minutes, toutes les cham-
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