La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

504 LA REVUE SOCIALISTE emprunterons un récit qui pourra intéresser quelques-uns de nos lecteurs et que i\I. Noyes a trouvé dans les papiers de Macdonald - qui a résidé consécutivement dans toutes les sociétés communistes des États-Unis. - Yoici la traduction abrégée avec le titre : Q@lre mois pai·mi les Slwhers. • Certaines circonstances inutiles à rapporter m'engagèrent à ·visiter la société des Shakers, à \\"aterliet, dans l'hiver de 18'1~-iS'i.3. A mon arrivée, je fus conduit auprès de !'Eider chargé de recevoir les curieux du dehors. C'était un vieillard à la figure franche et prévenante, avec une tête bien conformée, comme je pus m'en assurer, grftce à sa calvitie. Il me parut très intelligent etje l'informai sans retard que mon but était d'étudier la manière de vivre des Shakers et les condi lions pour être admis dans leur société. Sur mon observation que j'avais lu des rapports favorables de leur société dans les écrits du réformateur Owen, de miss :.fartineau et d'autres voyageurs, il répliqua : « Ceux qui veulent connaitre les Shakers doivent vivre parmi eux'. » Ensuite il s'étendit longuement sur leurs doctrines religieuses, sur la « croix journalière » qu'ils étaient obligés d'assumer contre le diable ou la chair et sur les mérites d'une vie absolument chaste. Quand il eut fini, je lui demandai si ceux qui voulaient faire partie de la société étaient obligés d'admettre de prime abord tous leurs articles de foi. Il répondit: « i'\nllement. Beaucoup de personnes qui viennent se joindre à nous ne connaissent pas souvent le premier mot de notre évangile; malgré cela nous les recevons et nous les mettons à mèmc de persévérer dans leur intention ou d'y renoncer. D'abord, il y a une semaine d'épreuve; si le nouveau venu en est satisfait, il prend la « croix journalière » et commence l'œuvre de régénération et de salut en marchant sur les traces de Jésus-Christ et de la :.1ère Anne. La première croix consiste à déclarer toutes les mauvaises actions que l'on a pu commettre. » - Je pensais en moi-même que l'usage de la confession était de très bonne politique, car elle permettait à l'homme expérimenté qui interrogeait de se former une idée du caractère et des dispositions du néophyte. Néanmoins, je demandai à y rc!léchir pendant une semaine d'épreuve. Ce qui me fut acco1·dé- en même temps qu'un souper. Puis on m'introduisit dans le dortoir consacré aux nouveaux membres. Je m'y trouvais à peine depuis une heure, quand une sonnette se fit entendre et un frère entra dans la chambre et m'invita à me rendre à la réunion de famille: là, je vis pour la première fois la danse élevée à la hauteur d'un culte. Cet exercice me sembla assez fatigant et j'aurais préféré un accompagnement instrumental à la musique vocale dont se contente l'assemblée.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==