5HO LA REVUE SOCIALISTE )larie Soutwick, de Ilaneock (Massachusetts) déclare : « Dans le commencement de 1783, étant âgée à cette époque de 23 ans, j'étais afnigéc d'un cancer dans la bouche, qui datait de deux ans, et depuis trois semaines était devenu rongeur, me causant une vive douleur et une déjection continuelle, avec grande faiblesse et perte d'appétit. La mère mit le doigt sur le mal. A l'instant toute sensibilité cessa. La guérison fut immédiate et le cancer n'est plus revenu. » Le document est de l'an 1808 et porte la signature de Marie Soutwick et de cinq témoins qui le rédigèrent sous sa dictée. Anne Lee, dont l'esprit était pratique, comme le prouvent ses enseignements moraux sur la manière de traiter les enfants, sw· la nécessité du travail, surla toilette des femmes, etc., n'avait pas une notion bien nette sm· l'organisation de la société. Elle se borne à recommander le célibat avec une stricte chasteté, sans vouloir malgré cela, briser la vie familiale et imposer le communisme : conséquenct~ logique d'une vie monacale. Dans le même ordre d'idées, elle prescl'Ïvit de fréquentes confessions à Dieu, devant témoins. Elle en donnait l'exemple et s'arrogeait, comme le prêtre catholique, mais avec plus de modestie, la faculté <l'absoudre. A ceux qui lui demandaient son pardon, elle avait l'habitude de dire : « Je crois pouvoir vous pardonner et je prie Dieu d'en faire autant. C'est lui qui vous pardonny ; je ne suis que votre coservante. » On voit qu'il n'y avait là aueune prétention à s'arroger la prêtrise, ni aucune tendance à établir une caste sacerdotale, institution judaïque que semble avoir repoussé toujours Jésus de 1azareth et qui répugne à toute église imbue de la démocratie du christianisme primitif. Les Shakers nous font un portrait assez attrayant de leur Mère : « Elle était, nous disent-ils dans leurs livres, au-dessous de la stature moyenne, replète et droite, bien proportionnée du corps et ayant <les traits réguliers. Blanche de peau, elle avait des yeux bleus, vifs et pénétrants. Son maintien était à la Coisdoux et grave. Ses manières simples et dégagées ne l'empêchaient pas d'avoir une dignité, que commandaient le respect, tout en inspirant la confiance. Pour les gens du monde qui la voyaient sans prévention, elle paraissait presque belle; et aux yeux de ses fidèles enfants, elle paraissait posséder une beauté solennelle, pleine d'amour céleste, qu'ils n'avaient jamais rencontrée au même degré, parmi les créatures d'ici-bas. » Elle mourut, sans ayoir appris ni à lire ni à écrire. Ce qui ne l'empêcha pas de donner quelquefois une forme heureuse à ses sentences, recueillies comme des paroles d'un éva11gilenouveau. En voici quelques-unes : « Mettez vos mains au trnvail et donnez vos cœurs à Dieu ! »
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