LE CO~DIUNISME EN A~IÉRIQUE naires le message divin, prophétisa • que la seconde église chrétienne serait établie en Amérique, que les colonies deviendraient indépendantes de la métropole, que la liberté absolue de conscience y fleurirait et que les croyants y seraient désormais à l'abri de toute persécution ». La mère Anne partit de Liverpool au mois de mai 177q, accompagnée de huit pe1·sonnes, parmi lesquelles se trouvaient un neveu, une nièce et l'époux in p<il'libus. l\lais ce dernier, ennuyé de son rùle inerte, abandonna la société à New-York avec une autre femme. Les premiers mois furent durs à passer. La cuisinière sut pourvoir à ses besoins en se faisant blanchisseuse, puis elle conduif'it sa pieuse troupe, réduite à sept, dans la forêt de \Vaterliet, i1 sept !Tlillcsau nord d'Albany, la capitale législative, de nos jours, de l'État de Pl'ew-York. De ce campement au milieu des bois, où quelques parcelles de terre furent défrichées, date, on peut Je dire, la naissance de la communauté des Shakers, organisée en 1775, une année avant la déclaration de !'Indépendance, et offrant déjà, en Amérique, plus d'un siècle <l'existence prospère : chose curieuse à noter, au milieu des décè,; de tant d'auh'es communismes! II FOll)l.\TIO:-. DE LA COll.llUN.\UTt: Dt; SJIAK6HS Les cinq premières années, la secte resta stationnaire et menaça de s'éteindre dans sa solitude. l\lais, en 1780, il y eut un revil'ul parmi les baptistes de New-Lebanon, dont quelques-uns, dans leurs pérégrinations, pénétrèrent jusqu'à la retraite rustique de la mère Anne. Ils l'entendirent prêcher dans des meetings choréographiques : ses paroles enthousiastes les émurent ; ils revinrent convaincus de ,;a mission surnaturelle et fondèrent chez eux une communauté de Shakers. De· tous les groupes de l'Eglise milleniale, comme on l'appela, celui de New-Lebanon, sur la frontière du Massachusetts et du Connecticut, se développa le plus vite et après cent ans de prospérité, est encore le plus considérable. La mère Anne y séjourna pendant deux années, mais revint mourir à \Vaterliet, le 8 septembre 1781, âgée de quarante-neuf ans. Son renom de sainteté s'accrut énormément sm· la fin de ses jours. On lui attribua un rare talent pour découvrir les péchés les plus cachés et une foule de cures miraculeuses, par la simple application de ses mains. Dans un volume publié à Albany en 1808, sous le titre : Témoignage cle la seconde appai·ition clii Christ, et réimprimé en 18j6, se trouvent plusieurs certificats dans le genre de celui-ci :
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