L\ SOCIÉTÉ FABIENNt•: 583 Malthus, suivie des mêmes détails physiologiques et préventifs que ceux de la brochure Knowlton, seulement mieux rédigée et plus au courant de la science. Voilà dix ans que cette brochure se Ycnd au taux annuel de L0,000 environ par an et Mm• Besant n'a pas été inquiétée, du moins en Angleterre. La brochure a été poursuivie en Australie et défendue ouvertement par le juge \Vindmeycr. Le procès contre sa femme fut une arme dont se servit le révérend Besant pour retirer à Mm• Besant la gacdc de ses enfants. Il y réussit; mais depuis quelque temps les enfants sont devenus majeurs et ont quitté leur père pour résider avec leur mère. De 1880 à 188:J, sans abandonner sa propagande libre-pcn~euse par la plume et la parole, 1\1 ru• Besant se livra assidûment à l'étude de 1 s sciences sous la direction habile d'un jeune savant Edward Aveling. Elle passa de nombreux examens officiels et acquit des diplùmes de première classe dans les sciences suivantes: physiologie, botanique, biologie, géologie, physique, chimie inorganique et organique, mathématiques élémentaires. D'élève elle devint professeur libre et enseigna plusieurs de ces diITérents sujets dans des classes fondées par la National Seculni· Sociel!J. En 1883 elle fonda une revue mensuelle intitulée Ow· Garner, dans le but de traiter librement la question du socialisme ·que plusieurs Fabiens, et surtout Bernard Shaw, avaient soumise à son appréciation. Sa conversion au sociali,-me commença à creuser entre elle et M. Bradlaugh, son ami et son maitre, un fossé que son autre conversion récente à la théosophie n'a fait qu'agrandir davantage. Elle devint membre de la Soci/ll Demnrratfr Fedrmtion et de la Fabian Societu. Elle écri,·it dans sa Revue son autobiographie qu'elle a arrêtée à la fin de l'année 18W. Le socialisme devint la grande préoccupation de son esprit et la propagande séculariste en souITrit un peu. Du jour où elle devint socialiste militante (et l\lm•Besant est toujours militante dans les idées qu'elle adopte) elle changea radicalement sa façon de vivre. Grâce à l'argent que ses nombreuses brochures et ses conférences libres-penseuses dans toutes les parties de l'Angleterre et de l'J~cosse lui avaient rapporté, elle avait jusquelà mené un train de vie dispendieux qui faisait pour ainsi dire d'elle une aristocrate du parti. Elle limita dès lors sa dépense au strict nécessaire, s'habilla plus simpk·ment, se jeta corps et âme clans la propagande socialiste et ~•attacha particulièrement à organiser en syndicat les pauvres filles employées dans les fabriques d'allumettes et autres industries très mal rémunérées. Elle récolta pour elles des fonds de secours, parla souvent en plein air pendant les grèves, au grand détriment de son organe vocal, se mul1iplia, joua avec sa santé, épuisa ses forces et devint grisonnante. Elle avaiL d'ailleurs
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