La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA SOCIETÉ FABIENNE les semaines; enfin elle était sur Je chemin de Rome et serait devenue catholique romaine si elle n'eût lu dans Pusey que l'Église anglaise pournit être catholique sans être romaine. Elle lut Platon, l'Iliade, le poète Southey qui la fascina par ses fantaisies orientales, l\Iilton et Dante ; mais pas de romans, de ces romans anglais à trois volumes; elle s'interdit les théâtres et ne fréquenta que certains concerts musicaux. En décembre 1867, ayant alors 20 ans, la jeune Annie épousa le révérend Frank Besant; un mariage plutôt de convenance que d'inclination ou d'amour. ;\lm• Besant en parle ainsi dans son autobiographie : « Pour moi, un prêtre était une créature à moitié angélique, dont la vie entière était consacrée au ciel; tout ce qu'il y avait d~ Yrai et de profond en moi s'irritait de la vie inutile que je menais, désirait un travail à faire, un travail de dévouement comme celui de certaines saintes dont j'avais lu les travaux entrepris en faveur de l'Église et des paunes, combattant Je péché et la misère. Pour surmonter ma répugnance au mariage on me disait: « Vous aurez plus d'occasions de faire le bien en étant la femme d'un clergyman qu'en restant non mariée. » ;\Ion ignorance de ce que le mariage signifiait était aussi profonde que celle d'un enfant de quatre ans et ma connaissance du monde était absolument nulle. » Après son mariage :\lm• Besant alla vi\Te à Cheltenham où son mari avait obtenu une place de professeur; elle s'y trouva bien isolée et s'adonna à la lecture, n'ayant pas de connaissances dans la ville. Elle s'essaya dans la littérature, écrivit quelques colll'tes nouvelles et entreprit une Vic des Sainta. Elle envoya ses nouvelles à un journal religieux, le Famil!J Ileruld qui les inséra et les lui paya; elle ressentit une grande joie lorsqu'elle reçut en un chèque les premiers trente shillings qu'elle eùt alors jamais gagnés. Elle eut deux enfants, un fils en 18GV et une fille en 1870. La dernière, <l'une santé délicate, fut fort difficile à élever et donna beaucoup <l'anxiété à sa mère. C'est en soignant sa fille que :\lm• Besant en vint à douter de la bonté de Dieu qui torturait ainsi une enfant aussi innocente et par ricochet une mè•re aussi religieuse. La porte une fois ouverte au premier doute, d'autres doutes firent irruption et bientôt la religieuse :\1"' 0 Besant, après une grave maladie amenée par un combat mental de tous les jours et un esprit surmené par la discussion avec un clergyman qui était son directeur spirituel, en vint à abandonner les vieux dogmes et à chercher des consolation,.: dans des doctrines moins étroites. Elle lut vers cette époque la l 'ie de .Jésus, de Renan. Ce fut en 1873 que Je révérend Besant exigea de sa femme d'abandonner tous ses cloutes, de revenir à la sainte table - ou de quitter Je foyer domestique. ;\lalgré les supplications de sa mère,

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