r,so LA REVUE SOCIALISTE }.lm• Besant est née le 1" octobre 18i7, à Londres, d'une mère irlandaise. Son père, un médecin, mourut lorsqu'elle avait cinq ans. A l'âge de huit ans, la jeune Annie fut, pour ainsi dire, adoptée par miss Marryat (la sœur du romancier anglais). Cette demoiselle instruisait alors sa nièce et comme elle désirait une compagne d'étude pour son élève, elle obtlnt de .i\1"' 0 Wood qu'elle lui confiât sa fille. Les deux élèves reçurent une instruction entièrement en dehors des vieilles règles pédagogiques, à la fois agréable, facile, attrayante et fructueuse. Mais, comme miss .Marryat était puritainement religieuse, elle farcit la tête de la jeune Annie de toutes les billevesées d'une religion extra-rigide. On disait les grâces à chaque repas, on faisait la prière en commun tous les soirs. Même il était exigé des deux élèves qu'elles improvisassent chaque jour une prière ad hoc, récitée tout haut. C'est à cet exercice quotidien que i\'.[m• Besant doit en grande partie sa facilité d'élocution en pl'letlses choisies. La maitresse exigeait aussi qu'elles rédigeassent souvent un récit de leurs observations de la journée : excellent exercice qui développe les facultés mentales. Elle leur enseignait aussi, sans grammaire mais d'une façon pratique, le français et l'allemand. L'intense religiosisme de miss Marryat agit fortement sur l'esprit de la jeune Annie, qui était naturellement enthousiaste et fantasque, et portée à se jeter dans le courant de la vie émotionnelle. Aussi acquit-elle un goût morbide pour la religion; elle lut, à son âge tendre, les Pères de l'Église, adopta facilement la croyance calvinistique, dure et étroite, régla dessus les actions de sa vie journalière; elle avait lu et relu la Bible, le livre de prières, et elle avait appris par cœur l'épitre de saint Jacques. En 18G1,miss Marryat emmena la jeune Annie (qui avait alors 1't ans) en Allemagne, avec sa compagne d'études; elles restèrent trois mois à Bonn, puis allèrent à Paris oü Annie fut confirmée, et après sept mois de séjour en France, on revint en Angleteree. En H:lG:3A, nnie Besant quitta la tutelle de miss .Marryat et rentra au foyer maternel, à Harrow, un délicieux village au nord de Londres, pittoresquement situé sur une hauteur, et que Krapotkine a choisi pour résidence. Elle continua à étudier l'allemand et le français et aussi la musique avec des professeurs, et n'étant plus sous la rigide férule de miss Marryat, elle s'adonna au sport et alla au bal ; beaucoup de sous-maîtres logeaient dans le village et les parties de croquet, de tir à l'arc avec eux, les flirtations aussi, trouvèrent en la jeune Annie une partisane d'autant plus enthousiaste qu'elle avait été plus rigoureusement écartée de ces amusements. Elle continuait en même temps ses études religieuses avec assiduité, surtout dans la voie du catholicisme. Elle en vint à jeûner (à la grande désapprobation de sa mè.re), à faire le signe de la croix, à communier toutes
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