LA SOCIÉTÉ FAillENXE LA SOCIÉTÉFABIENNE (Suite.) ANNIE BESANT Lorsque le 28 février 1875, après avoir pendant six mois -collaboré, sous le pseudonyme d' Ajax, au journal séculariste de M. Bradlaugh, The National Reformu (le Réformateur national), Mrs. (Mm•) Besant fü son premier speech à la tribune de la Ilall of Science, il y avait un monde fou. On n'avait pas encore vu de femme se lancer publiquement dans la propagation du mouvement athée. Les circonstances qui l'avaient poussée à cette décision donnaient un certain piquant à l'aJTaire, car ~l'•• Besant était une nouvelle convertie, une intelligence tirée des griJTes de la superstition, et dont la conversion rompait définitivement les relations avec son mari, un clergyman de l'église d'Angleterre. Lorsqu'on vit donc à la tribune libre penseuse une femme de taille moyenne, brune, assez jolie, à la mise élégante, aux manières polies et raffinées, non entachée des allures hommasses qui rendent ordinairement les bas-bleus répulsifs ; lorsqu'on entendit sa parole, faible d'abord, presque craintive, s'échauffant peu à _peuau point de devenir vibrante, distincte ment scandée, et même éloquente, l'auditoire fut subjugué, ravi, et applaudit à tout rompre. Le parti séculariste vit qu'il venait de faire une recrue excellente à tous les points de vue. D'abord cette recrue était une femme et, qui plus est, une femme courageuse; ensuite elle avait non seulement ét.udié la question d'une manière sérieuse et réfléchie, mais elle la traitait avec une éloquence communicative qui allait directement à l'esprit et au cœur des assistants. Cette éloquence d'ailleurs, qui est la caractéristique du talent de Mm•Besant, pèche cependant par un peu trop de rhétorique et par une copie pas assez dissimulée des procédés oratoires de M. Bradlaugh.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==