L'ÉCOLE AXGLAISE ET LE S0CIALlSm: « de l'è:1:périence individuelle et transforme le savoir en science. « Telle que Ricardo la présente, l'f•~conomiepolitique offre une régu• « larité et une simplicité plus grande que la réalité; telle que ~lai- « thus la comprend, c'est un chaos d'éléments divers san,., rapports • entre eux. » La méthocle expérimentale, dont le qrand historien r.Iacaula~· fera plus tarrl la hase de sa critique sociologique, apparai~sait alors comme un procédé de contre-épreuve, 11011 comme un moyen de parvenir à la décom·ertc de la ,·érité. Quoi d'étonnant à cc que ~Ialthus, avec son parti pris d'interroger simplement les faits sans faire inten·enir clans la science sociale les concepts de la rai<;on pure, se soit attiré le donhlc reproche de contradiction et de faiblesse? Quelle que fùt la diITérencc rlc vues et de m<'.-tho<lexistant entre nos deux écrivains, l<'ur doctrine, complétfo l'une p:w l'autre, pré- >'<'nlaitun ensemble doctrinal parfaitement coordonné. Pour ~1althus comme pour Ricardo, l'accroissement fatal de la population force les homme<; à mettre en culturt' des terres dl' moins en moins fertiles, et aussi tût apparait le phénomène économique de la rente, pesant sur les salaires et forçant le plus grand nombre à se conten• ter de la maigre pitance rn\cessaire pour ne pas mourir de faim. Ot•ei· populwiun, Cnenmcd i,1crcmcnl, fonds des rnlai1·es, telles sont les trois entités auxquelles les deux grand:; écrivains rnllachent la chaine de leurs raisonnements. L'économie polilic1uc se trouvait, dès lors, en possession d'une sorte d'évangile, dont la lecture était bien de nature à eITrayer quiconque rêve pour l'humanité un autre sort que la destruction par la famine. Plus nettement encore que Malthus, Ricardo traçait autour des déshérités un cercle fatal de déboires et de misères dont il leur interdisait la sortie. « Dans la « marche naturelle de,; sociétés, dit-il, le nombre des ouvriers con- << tinuera de croitre clans une proportion encore plus rapide que la « demande de bras; l'ounier recevra donc plus d'ar3ent pour son « salaire, mais ce salaire vaudra moins de blé ... Quand le prix du « blé haussera de 10 0/0, les salaires hausseront toujours dans des ccproportions moindres et la condition de l'ouvrier empirera, tandis c, q.uc celle du propriétaire s'améliorera. » Telle est la prophétie. Elle apparait encore plus sinistre dans les écrits de James Mill (1) et dans l'ounage de Thomas de Quincey (1 James i\lill affirmait qu'en ,·crtu de la décroissance daos la fécondité du travail les hommes mourraient certainement de faim ... )fac-Culloch répétait de son côté que la néces3it6 où l'on se trouve d'a,·oir recours à des terres de plub en plus al'idcs finira par absorber toutes les autres, et que la stérilité toujours croissante doit certainement finir par rendre inutiles toutes les améliorations qu·on pourra introduirn dans les procédés de l'agriculture. - Passages cités par Carey.
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