L'HYGIÈNE PUBLIQUE E ' FRA:s/CE ET A L'l~TR.\NGER :;57 suffisant. Du reste, on ne s'en sert jamais. L'auteur de ces lignes a exercé la médecine dans différentes villes du l\licli, où les maisons insalubres et même infectes sont très nombreuses, sans que jamais une autorité quelconque, municipale ou préfectorale, ait daigné s'en occuper soit pour les faire désinfecter, soit pour prescrire quelques réparations. li existe une ville de :20,000 habitants, fréquemment visitée par le choléra, clans laquelle les neuf dixièmes des habitations, étant dépourvues de lieux d'aisances, les rues sont empestées chaque soir d'ordures que l'on a soigneusement gardées dans les chambres pendant la journée. De plus, fait unique je crois, l'eau qui alimente la ville est puisée dnns un fleuve au-dessous mème de l'endroit où viennent aboutit· trois ou quatre égouts, de sorte que les excréments de la partie nord de cette ville sont distribués à tous les habitants sous forme d'eau de boisson par la pompe municipale. Nous possédons aussi une loi sur la protection des enfants du premier âge (loi Roussel, 1871), qui aurait besoin d'ètre remaniée et d'être rendue moins paperassière; une loi sur le travail des enfants dans l'industrie, que notre parlement est en train de refaire et dont l'application est mal sur,·eillée ; une loi sur les quarantaines et quelques circulaires ministérielles plus ou moins oubliées. \" oil:i. à quoi se réduit notre bagage législatif; comparons-le a,·ec le code sanitaire anglais de 18ï:5 complété par plus de dix lois nom·ellcs. La Yillc de Paris jouit d'une orga:iisation un peu diITérentc qui a permis quelques progrès. Le préfet de police, assisté par la commission d'hygiène et de salubrité publique du département de la Seine, a ordonné d'heureuses inno,·ations. Une réglementation assez complète a été créée peu à peu, et la mise en vigueur de ces divers règlements est contrôlée par la préfecture de police. Il n'existe pas, en France, de lois générales sur les maladies contagieuses et sur la désinfection obligatoire des logements contaminés. L'absence d'une loi de cc genre est regrettable et paraly,;c les efforts faits dans ce sens par la capitale. La déclaration des maladies contagieuses reste facultative, et la désinfection des logements ainsi que des hardes et des meubles se trOU\'Csubordonnée au consentement des intéressés. Il y aurait beaucoup à dire sui· les services sanitaires de Paris, qui exigeraient nombre de perfectionnements et d'améliorations avant de pouvoir rivaliser avec ceux des principales villes de l'Europe, mais ta place nous manque pour insister sur.cette étude. Signalons en outre l'existence, dans chaque arrondissement, d'un médecin des épidémies, et dans chaque département, d'un médecin inspecteur des enfants assistés. Cc dernier est un fonctionnaire rétribué qui siège il. la préfecture, dont l'activité pourrait être très utile et les fonctions élargies, si une grande partie de son temps n'était absorbée par un travail de fastidieuse administration.
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