532 LA REVUE SOCIALISTE les causes de maladies, de prendre les mesures nécessaires en cas d'épidémie, d'interdire les réunions et les foires qui pourraient ~avoriscr l'extension d'une afîection contagieuse. Nommé par l'Etat, convenablement rctribué, il est parfaite~cnt indépendant des pouvoirs locaux à qui il donne. ses instructions et ses ordres; il pénètre partout : écoles, hôpitaux, prisons, établissements de charité, usines et manufactures, magasins, maisons particulières, égouts, cimetières, laiteries, boulangeries, etc. Les plans relatifs aux hôpitaux, aux écoles, à la construction de nouvelles fabriques, de nouveaux égouts, à la créatiqn de nou.veaux quartiers et de nouvelles rues, doivent lui être soumis et recevoir son approbation. Chaque année il adresse un rapport très complet au pouvoir central. Cette création de l'État prussien est vraiment utile, pratique, quoique autoritaire. Les pouvoirs locaux ont le droit d'établir les règlements d'après le conseil du médecin de cercle, mais ce dernier est chargé du contrôle et de l'application. La législation sanitaire est infél'ieurc au code anglais: toutes les substances qui servent à l'alimentation sont l'objet d'une surveillance attentive. Une prohibition sévère atteint la vente des viandes tuberculeuses. L'hygiène des fabriques, la limitation de la journée de travail des enfants, la vaccination, qui est rigoureusement obligatoire, n'ont pas échappé à l'intelligente sollicitude du gouvernement prussien. On doit consacrer une mention spéciale aux lois concernant les maladies infectieuses, dont les dispositions sont très complètes et très intéressantes. Kous soupirons, en France, après une mesure législative du même genre qui, dans un pays menacé par la dépopulation, sauverait chaque année des dizaines de milliers d'existences. Nos voisins de l'est ont rcsolu ce problème, il y a déjà bien longtemps, par les lois du 21 mars 1830 et du 2l septembre 180ï. i\Iais nos députés n'ont pas encore trouvé Je temps. Citons quelques articles intéressants : chaque père de famille, propriétaire, hôtelier, médecin ou ecclésiastique, est tenu de prévenir la police de tous cas de maladies contagieuses qui pourraient mettre en danger la santc publique, ainsi que tous les cas de maladies ou de décès suspects. Dans cc dernier cas, la sépulture ne peut avoir lieu sans une autorisation de police. La police peut, dans les cas graves, empêcher toutes communications entre une maison et le voisinage. Aussitôt qu'un malade est parti pour l'hôpital, ou, s'il est soigné à domicile, aussitôt qu'il sera guéri ou qu'il aura succombé, tous ses effets doivent être purifiés conformément aux prescriptions du règlement spécial relatif aux épidémies.
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