La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

DES MONOPOLES D'ÉTAT Ml sieurs réformes sociales, dont en première ligne le rachat des chemins de fer. III lJU R.\CIIAT DES CIIE)IINS DE FER Par toutes ces raisons et d'autres, la cause de l'exploitation des chemins de fer par l'i-:tat ou sous sa haute direction, est cause gagnée. Elle est plus, d'ailleurs, qu'une aspiration juste et qu'une nécessité économi(JUCde l'avenir, elle est déjà entrée dans les faits. Fonctionnante en Belgique dès le principe, en Allemagne depuis quelques années, en cours de réalisation en Suisse et en AutricheIlongrie, commencée également en Russie, elle donne en France des résultats favorables sur le réseau qui a échappé à la rapacité des compagnies, elle est au total réclamée par tous les progressistes; quoi qu'on fasse, son jour est- proche; la France productrice ne se laissera pas rançonner jusqu'en 193'i. par la simple raison que ilIM. Raynal, Ilouvier, Ferry et Constans, dupes ou complices des hauts barons de la finance, l'ont ainsi voulu. Les conventions seront revisées, les actionnaires responsables auront à rendre compte de bien des abus d'exploitation, de bien des a,'anees (intérêts et principal) que les complices ont laissé escamoter. Ces restitutions favoriseront singulièrement le rachat des actions et du matériel roulant. (,2uant aux obligataires, ils recevront des titres amortissables et convertis par exemple, en ~,50et 3 0/0, comme il en e~t en Angleterre et même en Amérique ; de la sorte, sans secousse, sans faire d'injustices, l'l~tat rentrera dans ses droits pour le bien de tous (1). Il n'y aura que l'embarras du choix pour le mode nouveau d'exploitation. L'administration directe a donné d'assez beaux résultats en Belgique, en Allemagne, en Autriche-Ilongrie, en Suisse, pour qu'elle puisse être généralisée en France. D'autres systèmes ont cependant été proposés, analogues à celui dit des Compaynies ouvrières de Proudhon. M. Jules Pinaud pense que l'on pourrait confier l'exploitation des réseaux aux employés actuels groupés en syndicats. (1) En procédant ainsi on réduirait à un peu plus de 300 millions le service du capita.l, qui est maintenant de plus de 550 millions. Si nous c~mprenons dans le produit oct les 1:i0 millions de garantie ou d'intérêts dus à l'Etat et non payés par les compagnies, nous arrivons à un bénéfice total de 400 millions, dont 100 pourraient être employés en amélioration de service (personnel augmenté et mieux payé, tarif~ réduits) et 30J à l'amortissement.

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