La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

MO LA REVUE SOCIALISTE An1ériquc. Canada........................ 133.095.726 :faats-linis ..................... 2.680.730.000 Brésil.......................... 56.600.000 Total pour l'.\mérique ..... 2.Si0.425.726 40.699.735 l.516.258.000 3().650.000 1. 596. GOi .735 Ces chiffres déjà colossaux se sont accrus considérablement depuis 1883. Le produit net, la dime des parasites dans l'organisation actuelle, dépasse maintenant trois milliards pour l'Europe; il s'accroît chaque année de 200 millions. Où est l'utilité pour les peuples travailleurs de payer cet énorme tribut à leurs pires ennemis, à la dure et spoliante domination desquels on livre par cela même dans la seule Europe 3,000,000 de travailleurs? Naturellement, ce qui est inique et absurde pour l'Europe l'est pour les autres parties du monde. Tous ces monopoleurs tendent, d'ailleurs, à s'unir; nous l'avons vu dans l'étude précédente; et voilà, en ce qui regarde spécialement les chemins de fer, ce que nous crie à travers l'Atlantique la voix autorisée d'Ilenry Georges : « De même que les voleurs s'unissent pour piller de concert et partager le butin, de même les différentes lignes de chemins de fer s'unissent pour élever les tarifs et égaliser leurs gains; de même le Chemin de fe1· du Pacifique forme avec la Compagnie de nnvigntion de !'OcéanPacifi,que une combinaison qui équivaut à l'établissement de barrières d'octroi sur terre et sm· mer. Et de même que les créatures de Buckingham sous prétexte de faire respecter la patente royale opéraient des recherches dans les maisons privées et saisissaient les papiers et les personnes par convoitise pour extorquer de l'argent, de même une grande compagnie télégraphique qui, grâce à la puissance ùu capital associé, prive le peuple des États-Unis des avantages complets d'une invention bienfaisante, accapare la correspondance et ruine les journaux qui l'incommodent. « Il n'est pas nécessaire d'appuyer sur ces choses, il suffit d'y faire allusion. Chacun connaît la tyrannie et la rapacité qui font que les capitaux réunis corrompent, volent et détruisent (1). » La situation déjà intenable ne cessera d'empirer et deviendra telle, il convient de le répéter, de ne plus laisser aux peuples que le choix entre l'esclavage et la révolte. On pourrait faire l'économie de cette révolution violente par plu- (l) llenry GEORGES: Progrè• et Pauoreté.

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