La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

536 LA REVUE SOC:ALISTE maitresse de ses tarifs (1), jouiront bientôt du double avantage de la • $Împlification administrative et du meilleur marché, et pendant ce temps, les compagnies continueront à rançonner les peuples que des députés aveugles ou prévaricateurs ont livrés à la haute finance. d) Dépi·ession du commerce national. La disproportion des tarifs est plus considérable encore pour les marchandises, et les monopoleurs l'aggravent par les fameux tarifs de pénétration qui vont jusqu'à favoriser les produits étrangers d'une prime de plus de '100/0 sur les transports. Le public a longtemps protesté en vain; cependant le toile est devenu si irrésistible que la Chambre s'est émue, et le ministère a dû expédier une circulaire pour réclamer l'unité des tarifs. Mais l'État est désarmé par les conventions de 1883. Les intéressés eux-mèmes ont bien marqué le point dolent. « Les France, y a été, on le sait, réalisé sur les chemins de fer de l'Etat Françai..s. « Cesexemples, tous concordant, semblent établir que contrairement à l'opinion commune, en matière de transports, l'industrie d"État est infiniment moins routinière, jo ne dis pas que lïndustrie prh·ée (cc mot est impropre, appliqué aux grandes compagnies), mais, cc qui est fort différent, que le monopole privé.• (Camille PELLE-r.,x, dans le journal la Justice, 1891.) (1) D'un article de :\1. Gom:L dans !"Economiste j,·anr:a,:s nous relevons les passages sui\'ants: • En .\nglcterrc la loi qui concède une ligne mentionne sa direction, sa longueur, son tracé ... Elle règle le montant du capital-actions, les conditions auxquelles la compagnie pourra emprunter, le délai dans lequel les travaux doivent être achevés, le prix maximum que la compagnie pourra réclamer par tonne et par mille pour le transport des voyageurs, des animau;,., des marchandises et de la houille ... Elle stipule que les chiffres maxima du tarif ne sont pas applicables aux trains spéciaux, ni aux transports donnant lieu à des opérations exceptionnelles et effectués en Yertu de traités particuliers conclus avec les expéditeurs ... » -Voilà qui est mieux encorP, l'article 170 du règlement des chambres, que l'on ,nomme standin{J orders, est conçu dans les termes suivants:« Rien de cc r1ui est contenu dans le présent acte ne se1·aconsidéré comme ayant pour effet d'exempter le chemin de fer autorisé par la présente loi des dispositions d'aucun acte général sur les chemins de fer actuellement en vigueur, ou qui serait adopté dans une session future du Parlement, non plus que d'une modification ou revision future par ordre du Parlement, du maximum des tarifs, droits et péages autorisés pat· le présent acte. » Ajoutez à cela que l'État anglais n'est lié par aucune garantie de dividende, ce qui fait que les compagnies sont livrées à sa discrétion. Une simple mesure de tarification peut les réduire à déposer leur bilan et à abandonner l'exploitation à !"État. On est fort peu socialiste dans les régions gouvernementales anglaises; mais on y a souci des intér,'ts publics et les coupables capitulations des Ferry, dos llayaal, des llouvier, des Constans auraient soulevé !"indignation sur tous les bans de la Chambre des Communes et amené pcut,.être le renversement d"un ministère prévaricateur.

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