La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

DES MONOPOLES D'ÉTAT 5:Jr, • gence, mais d'une série de meurtres par intérêt, ayant pour mobile le YOI, et que - s'il y avait une justice - cc serait l'ensemble des actionnaires de P.-L.-1\1., cc serait au moins le Conseil d'administration tout entier qui serait traîné en cour d'assises. cc Quant à la complicité du gom·crnemcnt elle résulte, aussi accablante, ùe cc fait qu'après avoir donné les ordccs réclamés par la sécurité publique, il les a laissés impunément transgt·esser. » Il s'agit pourtant ici de l'intérêt, de la sécurité de tous, et l'on ne s'explique l'incurie gouvernementale que par la puissance de corruption exercée par la haute Banque sur les dirigeants. Mais passons à une autre nuisance. c) Le rançonnement du public. Méditez sur ce tableau comparatif des tarifs de voyageurs en Belgique et dans l'Allcma~nc du Nord (pays d'exploitation par l'État) d'une part, et en Fra;1ce I pays d'exploitation par les grandes compagnies) d'autre part : TARIFS DES YOYAGEUHS PAR KILO)IÈTRE : 1° Ch'iSO ':?• classe Belg-ique................... .. . .. . . o,;:; 0,67 Allemagne ................. ,........ J ,00 0,7:i France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . J ,2:i O,\J:l 3• classe 0,315 o,;;o 0,67 Tel est le langage des chiITrcs, et il faut ajouter que la Belgique et l'Allemagne bénéficient sur leurs chemins de fer, tandis que l'État français doit payer pour les siens qu'il a aliénés, plus de 150 millions, l'intérêt de ses avances compris. Et le pu],:>licfrançais doit perdre l'espérance de toute amélioration sérieuse de ce chef. Ainsi des lariJ's de zones que rcclamait Chirac en 1882, il n'est pas encore question sur les sixgrands réseaux français livrés aux compagnies, tandis que l'État hongrois les applique et que d'autres États administrateurs de chemins de fer se préparent à suivre cet exemple. De la sorte, tous les États qui ont su garder ou reprendre leurs chemins de fer (1), et !'Anglet.erre qui est restée (1) • Il y a là. une inovation bard~, que la pratique semble a,·oir justifiée. Qui l'a faite f C'est l'administration des chemins de fer de l'État Hongrois. Est-cc là un fait exceptionnel? L'initiative, en matière de réforme et d'abai~sement considérable de tarifs, a déjà été prise, il y a vingt-cinq à trente ans. Par qui Y Par les chemins de fer de l'État Belge. Dix ou quinze ans plus tard, tout un système nouveau de tarification, auquel était jointe une diminution considérable des prix, et qui parait avoi1· fort bien réussi, était inauguré. Par qui? Par les chemins de fer de l'Etat Allemand. Et le peu qui a été fait en ce sens en

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==