LA REVUE SOCIALISTE ai•ons ù payer aux t'iciimes des acridenis. C'est poui·quoi nous 1·efus011s de l'Hrlop/!'1·. Je montrais encore que, pour les Compagnies besogneuses, qui, comme celle de l'Ouest, recourent à la garantie d'intérêts, on ne pouvait s'attendre à ce qu'elles fissent de grands efforts pour éviter les accidents. En effet, malgré l'épouvantable catastrophe de Clichy, devant entraîner le payement d'indemnités considérables, le prix des actions de l'Ouest n'avait pas baissé d'un centime. Pourquoi? Parce que les actionnaires savaient que le chiffre de leur dividende ne serait pas diminué, les indemnités à payer devant, grâce à la garantie d'intérêts, retomber à la charge des contribuables (1). " Cette garantie d'intérêts que le député de 1881 indiquait comme un encouragement à l'incurie qui a coûté la vie à tant de voyageurs, a été étendue à toutes les Compagnies. Qu'importe, dès lors, à ces dernières les dommages et intérêts qu'elles peuYent encourir, ce sont les contribuables qui payent pour qu'on puisse les écraser avec plus de sans-gêne. . A la suite de l'effroyable accident de Charenton en 1881, Jules Guesde écrivit dans le Citoyen de I'ctl'is : ,, A quoi bon multiplier les culpabilités individuelles - et nécessairement secondaires - là où la culpabilité collective et première des Compagnies et du gouvernement éclate avec l'évidence de la lumière? « Il y a un an, en eJiet, qu'à la suite des « accidents» de Flers et de Clichy-Levallois, les Compagnies, y compris celle de Paris-LyonMéditerranée, ont été mises en demeure par une circulaire ministérielle d'avoir, dans tm délai cle trois mois : cc1°A appliquer à toutes les lignes où la circulation atteindrait cinq trains à l'heure le bloch-syslem, qui, d'après la République française elle-même, « rend toute collision impossible »; « 2° A munir de freins conlinus tous les trains dont la vitesse en pleine marche serait de GO kilomètres à l'heure. « Le délai ainsi fixé expirait le 1:J décembre 1880. Le 5 septembre dernier, par suite, il y avait près de neuf mois que les mesures prescrites auraient dû avoir été mises à exécution. « Pourquoi et comment n'en a-t-il rien été? Parce qu'il y avait là des dépenses à faire qui auraient réduit d'autant les bénéfices de ceux qui vivent largement - à ne rien faire - du transport et de l'écrabouillement des voyageurs. « C'est-à-dire que nous nous trouvons en présence non pas même d'un meurtre, d'une série de meurtres par imprudence ou négli- (1) Le baron DE JAKzll : Loco citato.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==