La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA REVUE SOCIALISTE traînent nécessairement une diminution des facultés d'ordre et de surveillance: Appointements ou salaires insuffisants ; :Emplois de première importance au point de vue de la régularité du service et de la sûreté des voyageurs confiés à des hommes trop jeunes, dans un but d'économie; Matériel des signaux en mauvais état; Précautions insuffisantes en cas d'accident par suite de la suppression des fourgons de queue ; Refus de mettre it l'essai et d'adopter les freins instantanés en usage sur certaines lignes et qui donnent les meilleurs résultats ; Maintien du système imparfait des signaux ouvrant et fermant la voie, quand dix autres systèmes, tous plus sûrs et plus pratiques, sont déjà connus du public et installés à l'étranger. Parti pris de masquer la vérité par tous les moyens et de ne tenir aucun compte des réclamations des voyageurs ou du commerce. La véracité de cet énoncé n'est que trop bien démontrée par les faits. Voici pour ce qui a trait au surmenage des employés: « Un aiguilleur du Midi <1uiavait eu à passer 14 nuits co11sécuti1•es par un froid rigoureux, par sa faute involontaire amène un déraillement le 25 décembre 18ï5. l,jn autre, à i\Iontereau, ayant à faire .le service de t1·ente heures, laisse arrh·er un accident le 17 décembre 187G. Les aiguilleurs-chefs Dupont et Hubert sont condamnés comme responsables du terrible accident arrivé à Clichy le 3 février 1880, pour n'avoir point fait appuyer un signal. L'un, au service des aiguilles depuis Yingt-sept ans, n'avait jamais vu appuyer cet signal; l'autre, qui comptait trente-sept ans de service n'avait vu que très rarement observer cette prescription réglementaire. « Le 17 juillet 18ïG, le chaulTeur de 1" classe Garin, du dépôt de Tonnerre, it sa quarantii:me heure de service, s'endort avec son chaulTeur auxiliaire sur la machine qu'il deYait ramener au dépôt, le feu s'éteint, la machine s'arrête en pleine voie et est tamponnée, quelques heures plus tard, par un train entre Nuits-sous-Ravière et Laignes. La Compagnie, craignant de se voir adresser de justes reproches devant le tribunal pour la durée excessive de travail imposée à Garin, conseille à cet agent de ne pas se dé(endl'e. Il n'y avait que des dégâts matériels et Garin est condamné à 200 francs d'amende, que la Compagnie paye pour lui ainsi que les frais du procès. Le même conseil a été donné à Dreyer après l'accident qui lui était arrivé it sa vingt-neuvième hew·e de sei-vice. Les deux mécaniciens du dépôt de Saint-Etienne dont nous parlerons tout à l'heure,

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